Quelle pratique de lecture pour un XXIème siècle qui sera libre ou ne sera pas ? – La veille apprivoisée #11

Liberté d'accès - Par L.Dujol. CC-BY-SA

Sélection hebdomadaire d’informations parues sur le web concernant le monde de l’info-doc et les enjeux du numérique.

L’évolution des pratiques de lecture à l’aune des dynamiques générationnelles et des pesanteurs sociales – La Feuille

Olivier Donnat du Département des études statistiques (DEPS) du ministère de la Culture vient de publier une analyse rétrospective des cinq éditions de l’enquête « Pratiques culturelles des français » réalisées depuis le début des années 1970.  Hubert Guillaud nous propose sur La Feuille une synthèse de cette étude que je vous invite à  lire.

En substance. Le « volume de lecture diminue tendanciellement, plus que la proportion de non-lecteurs« . « Le décrochage du monde du livre est un phénomène majoritairement masculin ». « Les écarts liés aux critères de diplôme, de milieu social ou de lieu de résidence, ont peu évolué en 35 ans. » Enfin, « la jeunesse (15-24 ans) est le moment où la lecture est la plus forte, proportionnellement, elle est aussi, une période où, elle se dégrade particulièrement.  »

Tout comme Hubert Guillaud citons olivier Donnat.

« Dans le cas des livres, le fait que la proportion de lecteurs au sein de la population française n’ait pas augmenté depuis le début des années 1970 est en soi surprenant, compte tenu de l’augmentation générale du niveau de diplôme », estime Olivier Donnat – rappelons que la part des bacheliers et des diplômés de l’enseignement supérieur dans la population française est passée de 14% en 1973 à 31% en 2008. « Cela signifie qu’en réalité, l’intérêt des Français pour le monde des livres est aujourd’hui, pour un niveau de diplôme donné – , nettement inférieur à ce qu’il était trente-cinq ans auparavant et, surtout, cela masque le recul de la quantité de livres lus dans le cadre du temps libre. Il serait toutefois bien imprudent de conclure, sur la base de ce seul constat, que les Français lisent moins, et ce, au moins pour deux raisons : la lecture liée à l’enseignement ou à l’activité professionnelle a probablement gagné du terrain et, surtout, les actes de lecture sur écran se sont multipliés, notamment au cours de la dernière décennie ; de plus, il est probable que ce recul renvoie au moins autant à des mutations d’ordre symbolique qu’à une évolution effective des comportements de lecture : si la lecture de livres a subi ces dernières décennies la concurrence des nombreuses activités de loisir liées à la culture d’écran (télévision, jeux vidéo, ordinateur), elle a aussi perdu une partie de son pouvoir symbolique auprès des jeunes générations, notamment de sexe masculin, qui ont aujourd’hui tendance à moins surestimer leurs pratiques de lecture que leurs parents au même âge, voire même à les sous-estimer en en oubliant certaines. »

A  propos de cette jeune génération, en Angleterre, Mac Donald’s et Harper collins s’associent pour faire la promotion de la lecture auprès de leurs jeunes clients en leur offrant dans chaque Happy Meal acheté un livre de Michael Morpurgo. L’affaire est loin de faire l’unanimité.

– Du motivex – Bilbiomancienne

L’étude d’Oliver Donnat confirme aussi le tassement de la fréquentation des bibliothèques publiques françaises. En Angleterre on s’interroge sur la fin des bibliothèques. Dans ce contexte de crise et de pessimisme ambiant, Marie D. Martel nous offre une dose de Motivex en relayant une présentation de  Stephen Abram.

« Couper dans les bibliothèques en temps de récession, c’est comme couper dans les hôpitaux pendant la peste. Simplement, mais de façon vitale, les bibliothèques sont là pour la communauté, pour l’apprentissage, pour la découverte, pour le progrès, l’habilitation sociale, le support, pour des réponses de qualité, sans biais, pour la recherche (appliquée et théorique), pour la protection et la sauvegarde de la culture et du savoir et pour l’impact économique.« 

Et d’affirmer « Croyez-le ou non, mais le chaos actuel est un véritable cadeau pour les bibliothèques« . Ce n’est pas rien de le dire.

– Le XXIe siècle sera libre ou ne sera pas – Framablog

Framablog nous propose une traduction d’un article très intéressant de Peter Groen « Quel est le rôle du mouvement du Logiciel Libre dans la société actuelle ? » – article en anglais.

Nous sommes en pleine transition entre l’ère industrielle du siècle passé et l’ère de l’information du XXIe siècle. Nous sommes en train de passer d’un système de protection « fermé », qui fonctionnait bien dans l’ère industrielle, vers un nouveau système, une approche « ouverte » plus efficace qui est la marque de l’ère de l’information. Nous sommes en train de passer à une nouvelle manière de faire les choses : la « Voie Libre

Lionel Maurel a publié sur son blog deux billets qui alimentent cette « Voie Libre ». Il revient tout d’abord sur  la signature de l’accord entre la SACEM et Creative Commons qui permet « aux auteurs, compositeurs et éditeurs de musique membres de la Sacem  de choisir chacune des oeuvres dont ils sont ayants-droit et qu’ils souhaitent placer sous une licence Creative Commons. » Lionel Maurel s’interroge sur les incidences de cet accord sur les usages collectifs et notamment certains usages en bibliothèque.

« Il ne semble pas y avoir d’obstacles à ce qu’une bibliothèque utilise un morceau sous licence NC sur un site ou un blog, pas plus que l’accord ne s’oppose à l’insertion d’un player (embed) sur une page web pour une écoute en streaming. « 

Une bonne nouvelle pour valoriser et faire la médiation d’oeuvres sous licence CC en bibliothèque.

Dans cet autre  billet  Lionel Maurel nous explique que si l’oeuvre de James Joyce est entrée cette année dans le domaine public, ce n’est pas le cas de sa traduction qui reste encore protégée.

En pensant à cela, j’ai ressenti un pincement, car il m’a semblé qu’il y aurait un vrai intérêt symbolique à ce que l’oeuvre de James Joyce soit réellement libérée du droit d’auteur, y compris dans ses traductions françaises. […]

En s’inspirant du modèle Musopen, pourquoi ne pas imaginer un projet (Tradopen ?), qui aurait pour vocation de produire des traductions sous licence libre d’oeuvres littéraires du domaine public, en commençant par exemple par les livres de James Joyce ? Pour parvenir à ce but, il me semble que l’on peut envisager deux voies : crowdfunding et /ou crowdsourcing.

Et de lancer un appel aux bonnes volontés :

Lors d’échanges sur Twitter suite aux premiers pas de cette idée lancée à la cantonnade, j’ai cru me rendre compte que certains pouvaient être intéressés par ce projet de traductions libres à partir d’oeuvres du domaine public : des wikipédiens, des bibliothécaires et des documentalistes, les journalistes d’Actualitté, l’équipe de Framasoft et peut-être d’autres encore ?

Encore une fois, les libertés se perdent lorsqu’on ne les utilise pas ! Employons celles que nous offre le domaine public pour créer à nouveau en nous appuyant sur les épaules des géants !

Il n’y a pas de raison de ne pas y arriver puisque nous sommes les 99%. Les bibliothécaires en sont. Une raison supplémentaire de rester motiv(ex).  🙂

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La veille apprivoisée #2

Baywatch cabin - Par iuk. CC-BY-SA Source : Flickr

Sélection hebdomadaire d’informations parues sur le web concernant le monde de l’info-doc et les enjeux du numérique.

Médiation numérique : réappropriation vs autonomie – Bilbiobsession

« En reléguant le travail des bibliothécaires à du culturel, nous sommes coupés d’une part des enjeux d’accès à l’information tout court. Il y a là un élément très important à comprendre pour faire en sorte que la médiation numérique ne soit pas perçue comme enjeu lié à un seul type d’équipement, les EPN OU les bibliothèques et se transforme en une manière déguisée de remobiliser des élus autour d’équipements au financement public en déclin. Il nous faut penser de nouveaux dispositifs de médiation. » Lire les commentaires sur ce lien.

La guerre des supports : la réponse marketing d’Amazon – La feuille

« Les liseuses et tablettes sont bien en train de bouleverser le marché de l’informatique pour le faire passer d’un marché centré sur la technologie à un marché centré sur les contenus. Et dans ce domaine, c’est le marketing qui devient le coeur de la guerre »

On a piraté le droit de propriété intellectuelle – Homo numericus

« Les extrémistes du copyright ont étendu au cours des 25 dernières années l’application du droit de propriété intellectuelle à un point qui menace les fondements même de nos sociétés : la liberté d’expression, le droit d’information, la culture, l’éducation et même la santé publique. Autrement dit, c’est le bien public qui est pris en otage par des intérêts privés au nom d’un droit devenu absolu et opposable à tout. »

– Avons-nous un parti pris contre la créativité ? – Internet Actu

« Les gens affirment explicitement apprécier les idées créatives, mais bien souvent, ils les considèrent négativement et ont tendance à les rejeter car elles ont tendances à générer un sentiment d’incertitude. Mieux au sein d’une organisation. Le créatif fait un piètre manager car aux yeux de ses subordonnés : un leader crédible doit être sérieux plutôt qu’original. » ça vous parle amis bibliothécaires 😉 ? Lire les commentaires sur ce lien.

Le contenu n’a plus de valeur – Zéro seconde

« Quand le temps de présence en ligne passe par un réseau social, il faut compter sur les citations, et uniquement les citations, pour espérer avoir de la visibilité. le contenu n’a plus de valeur, mais que c’est la référence qui en a. » Le régne des influenceurs sur la qualité des contenus ? Lire les commentaires sur ce lien

Pourquoi les avis négatifs ont-ils un impact positif sur les ventes ? Internet Actu

“les critiques négatives, argumentées et bien écrites, ont tendance à favoriser les ventes d’un produit car elles permettent à l’utilisateur de mesurer le risque qu’il prend” Voila de quoi relancer le débat sur l’idée que la médiation ne se résume pas à une valorisation des coups de coeur.

Les bibliothèques publiques de Toronto évitent les coupures dans un nouvel écosystème des médias – Bibliomancienne

Les habitants de Toronto ce sont mobilisés avec succès pour éviter les coupes budgétaires des bilbiothèques publiques. Qu’en est il des citoyens Montréalais lorsque l’on apprend dans les commentaires du billet de Bibliomancienne la fermeture de la section adulte de la bibliothèque Georges-Vanier. Un silence assourdissant, non ?

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Le catalogue 2.0 ou le mythe de l’usager participatif ?

Le catalogue 2.0 s’ouvre à l’usager … Enfin, certain me diront. Ce catalogue 2.0 donne la parole à l’usager qui peut commenter une notice, attribuer une note à un document ou encore lui associer un tag … Ces  métadonnées générées par les usagers viennent enrichir la base bibliographique constituée par les bibliothécaires. En théorie. Dans la pratique force est de constater que les usagers utilisent très peu ces fonctionnalités participatives. Cette absence de masse critique est un vrai problème car un service participatif ne trouve son intérêt que si le nombre d’utilisateurs augmente. Quels seraient les freins à cette participation ?

L’obligation de se loguer pour participer ? Effectivement cette obligation présente un double inconvénient : celui de se couper des visiteurs non inscrits et surtout de casser la dynamique d’une navigation au hasard dans les collections – s’il en est !
Oui mais
. Si nous regardons le catalogue de Saint Herblain qui est totalement ouvert nous  ne pouvons que constater la faiblesse du nombre de commentaires.

La non mise en valeur des contenus produits par les usagers ? Nous pointons là,  l’une des grandes faiblesses de nos catalogues de nouvelle génération. Dans son livre « Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0 « , Marc Maisonneuve indique que si huit opacs sur dix  proposent la participation des usagers, seul quatre sur dix  intègrent dans les résultats de recherche les commentaires ou encore les tags laissés par les visiteurs. En outre, très peu de portails de bibliothèque font remonter les avis des usagers dés la page d’accueil.  Peu de commentaires donc et de surcroît invisibles.
Oui mais.
The Hennepin County Library propose un blog dans leur Bookspace qui agrège tous les avis déposés par les usagers sur les notices du catalogue. Un formidable outil de médiation numérique et de sérendipité. Mais à mieux regarder, on s’aperçoit qu’en moyenne seulement huit commentaires par  mois sont déposés sur le catalogue ! C’est bien peu sachant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier pour commenter ….

La non participation des bibliothécaires aux même ? Comment inciter l’usager à participer sur le catalogue si nous même nous ne nous donnons pas la peine de contribuer à la discussion. Je le regrettais déjà sur ce billet.
Oui mais.
A Romans sur Isère, toutes les critiques produites dans la médiathèque apparaissent sur les notices sous forme de commentaires et d’ appréciations. Cela représente une quinzaine d’avis de bibliothécaires chaque semaine. Et pourtant les commentaires et recommandations des usagers sont très rares !
J’aurai pu ajouter à cette liste une ergonomie rédhibitoire des fonctionnalités participatives de certains catalogues. Oui mais … 😉

Qu’est ce qui cloche alors ? Pas grand chose. Un catalogue de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque.  C’est à dire un outil de recherche documentaire ….. bien loin de l’univers numérique quotidien de l’usager internaute habitué à commenter sur les blogs, à taguer sur dailymotion ou à réagir via twitter. Un usager de bibliothèque qui veut participer nous attend ailleurs. Sur ce point, je vous renvoie aux billets de Silvère Mercier, de Bertrand Calenge ou encore de  Xavier Galaup.

Un catalogue 2.0 est donc vain ? Non, car les fonctionnalités dites 2.0 augmentent l’utilisabilité du catalogue. Un mieux pour l’utilisateur 1.0 et peut être une meilleur compréhension de celui ci pour l’utilisateur 2.0.
Oui, si  nous continuons à penser  le catalogue comme un simple réceptacle d’avis, d’appréciations et de tags. Des fonctionnalités participatives qui sont au final assez  prescriptives. La participation ce n’est pas simplement « permettre », c’est aussi aussi donner la possibilité de « penser avec » et de « construire avec ». Il faut donc s’en donner les moyens. Ainsi,  Un catalogue totalement ouvert où ses données sont libérées et donc disséminables donne toute liberté à l’usager qui le désire de se le ré-approprier. Réalisation d’une cartographie d’un genre pour l’un, d’une timeline pour l’autre ou d’un plugin pour celui ci. Au final des usages de nos silos de données totalement customisés et qui profitent à toute la communauté des usagers lecteurs – tangibles ou virtuels – et surtout à la bibliothèque.

J’entends déjà la remarque qui tue du fond de la salle : C’est bien beau tout cela mais au final nous allons perdre le contrôle des usages de notre catalogue. Et pourquoi pas ?

Une bibliothèque qui pense comme le web !

Mark Surman est le directeur exécutif de la Mozilla Foundation et un fervent défenseur d’un internet participatif  et ouvert. Récemment il a donné une conférence pour la bibliothèque publique de Toronto ayant pour thème le web et l’avenir des bibliothèques. Le titre de sa présentation est d’une efficacité redoutable : « Une bibliothèque qui pense comme le web. »

Dés le départ il pose un postulat : si la bibliothèque pense comme le web alors elle tirera profit des progrès du web.  A condition que ce web soit ouvert et participatif.

Selon lui l’internet que nous aimons – entendons source de progrès – est un internet transparent, participatif, disséminé, hackable et ouvert.  Un web que chacun d’entre nous s’approprions, modifions et enrichissons. Il  cite Flickr, la licence Creative Commons, Wikipedia, et Firefox, bien évidemment. C’est cette liberté offerte aux internautes qui définirait le web d’aujourd’hui – il ne cite pas le web 2.0. Par opposition, tout ce qui est  opaque, passif, centralisé, immuable et fermé ne s’inscrit plus dans cette marche en avant de l’internet – Je vous passe le couplet sur la Fondation Mozilla qui a sauvé le web du monopole moyen-ageux de Microsoft.

Au final Mark Surman ne fait qu’affirmer ce que nous avons déjà pressenti : la bibliothèque en ligne ne peut plus être un lieu verrouillé, centralisé où l’usager est totalement passif. Fort heureusement nous avançons sur ce point. Déjà bon nombre de sites de bibliothèque proposent la participation via l’intégration des avis des usagers internautes ou encore le taggage des notices. Nous avons encore un peu de mal à mettre en valeur tout cela.

Mais il faut aller plus loin. Et notamment en  ré-affirmant la bibliothèque comme lieu privilégié d’une  » information literacy  » et d’un accompagnement de l’usager pour qu’il soit effectivement créateur de contenus – même si c’est sur wikipédia ou un blog personnel – voire  moteur de certain service – je vous renvoie à l’extraordinaire projet Danois Mindpost.  Autre point important,  la bibliothèque doit porter la dissémination de ces contenus  sur  la toile – les siens et ceux de ses biblio-acteurs. La bibliothèque vecteur et moteur de la grande conversation du net. La Démothèque des Médiathèques de l’agglomération Brestoise ne fait rien d’autre que d’encourager une scène locale dans l’immense océan musical de MySpace et du web en général.

Enfin  la  bibliothèque doit être open source : des SIGB libres, des données libérées et donc disséminables, des services ouverts à tous via notamment l’utilisation d’une open ID. Sur ce point et comme beaucoup d’autres services publics en ligne nous sommes très en retrait.

Au final Surman pousse le curseur assez loin en réclamant une bibliothèque hackable par sa communauté de pratique et d’intérêt –  J’entends déjà hurler dans les chaumières bibliothéconomiques…. dont forget the crazy frog !  D’ailleurs ce discours est universel puisque son auteur l’applique à l’université, à la ville, à la région …
« Dans La bibliothèque que nous voulons » termine Surman, ses usagers – réels ou virtuels –  » font la bibliothèque. Ils la rendent meilleure chaque jour. »

C’est très idéologique, ce n’est pas un bibliothécaire qui le dit mais je l’accompagne volontiers ……

url est la copine de ma notice ….

Imaginons, un instant, que je sois le fameux internaute lambda qui se précipite sur google pour trouver les titres de bouquins écrit par un auteur entendu ce matin à la radio.  J’épluche la page de résultats : il y a tout le monde sauf …. la bibliothèque ! Même pas un petit lien pour lui rappelle que la bibliothèque tout près de chez lui a certainement les livres qu’il cherche.

C’est justement ce petit lien qui nous fait défaut.  Nos opacs – et surtout ceux  proposé par les solutions  propriétaires – sont dépourvus de liens profonds.  Grosso modo, les notices de la plupart des catalogues n’ont pas d’url propre  permettant d’y accéder sans faire une requête via la page de recherche de l’opac.  Sans liens profonds, le catalogue de la bibliothèque est condamné à végéter dans le web profond …. oui, je sais ça se complique ….. un aspro avant de continuer ?

Le web profond ou invisible rassemble les sites internet que les moteurs de recherche généralistes n’indexent pas … et du coup n’apparaissent pas sur les pages de résultats.  Malgré toute la volonté du monde M. Google ou Mme Yahoo ne peuvent interroger automatiquement les moteurs de recherche internes au catalogue ! Si l’adresse du portail de la bibliothèque est bien repéré, notre base de données, elle, reste invisible. Voila pourquoi, l’internaute lambda qui tape le nom d’un livre sur un moteur de recherche généraliste  ne tombera jamais sur une notice de bibliothèque  …… ça lui apprendra à préférer les robots de google que les scannettes des bibliothécaires.

Un bout de lien peut paraître anodin, voire anecdotique. Et pourtant,  je suis persuadé que si nous intégrons l’ idée que nos notices sont visibles de tous, usagers, e-usagers, internautes lambdas – encore lui ! – et même google, nous ne pourrons plus nous contacter de donner accès à une base de données brutes, ultra bibliothéconomie.  N’étant plus seul au monde, l’effort d’éditorialisation des contenus de nos catalogues nous semblera encore plus évident – J’ose l’espérer. Ce n’est pas tout d’accéder plus facilement à la notice, celle ci se doit être séduisante …

Néanmoins, nous savons aussi, que les moteurs de recherche n’indexent pas les bases de données trop volumineuses. Même avec notre copine url, il n’est pas donc pas certain d’être repéré. Mais voilou le second effet bib cool ..

Une url unique rattachée à la notice, c’est externaliser la base et donner la possibilité  à l’usager internaute de se la  réapproprier.  Insérer dans un billet le lien de la notice de son livre préféré disponible à la bib,  c’est donner la possibilité d’entrer dans le catalogue autrement que par la page recherche de notre opac… De fait, nous disséminons la bibliothèque sur le web !

La mise en œuvre de ces liens n’est pas impossible. Soit nous avons les outils qui nous le permettent. Je ne peux que vous renvoyer au billet de notre bibliobsédé préféré sur Scriblio– viva l’open source !  Soit  nous avons dans nos murs un mutant. un individu mi bibliothécaire mi développeur, qui customise le SIGB propriétaire de la bib.  Sisisi ça existe, regardez du coté de Saint Herblain.  Mais franchement l’idéal serait de ne pas bidouiller …. et en plus ça m’arrange ! Mettons donc la pression aux fournisseurs …

En tous les cas un catalogue ouvert,  « innondé » de liens, c’est repenser le catalogue comme un outil fait par et pour le web – et non pour le web invisible. N’oublions pas que surfer c’est d’abord aller le liens en liens ….