Le catalogue 2.0 ou le mythe de l’usager participatif ?

Le catalogue 2.0 s’ouvre à l’usager … Enfin, certain me diront. Ce catalogue 2.0 donne la parole à l’usager qui peut commenter une notice, attribuer une note à un document ou encore lui associer un tag … Ces  métadonnées générées par les usagers viennent enrichir la base bibliographique constituée par les bibliothécaires. En théorie. Dans la pratique force est de constater que les usagers utilisent très peu ces fonctionnalités participatives. Cette absence de masse critique est un vrai problème car un service participatif ne trouve son intérêt que si le nombre d’utilisateurs augmente. Quels seraient les freins à cette participation ?

L’obligation de se loguer pour participer ? Effectivement cette obligation présente un double inconvénient : celui de se couper des visiteurs non inscrits et surtout de casser la dynamique d’une navigation au hasard dans les collections – s’il en est !
Oui mais
. Si nous regardons le catalogue de Saint Herblain qui est totalement ouvert nous  ne pouvons que constater la faiblesse du nombre de commentaires.

La non mise en valeur des contenus produits par les usagers ? Nous pointons là,  l’une des grandes faiblesses de nos catalogues de nouvelle génération. Dans son livre « Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0 « , Marc Maisonneuve indique que si huit opacs sur dix  proposent la participation des usagers, seul quatre sur dix  intègrent dans les résultats de recherche les commentaires ou encore les tags laissés par les visiteurs. En outre, très peu de portails de bibliothèque font remonter les avis des usagers dés la page d’accueil.  Peu de commentaires donc et de surcroît invisibles.
Oui mais.
The Hennepin County Library propose un blog dans leur Bookspace qui agrège tous les avis déposés par les usagers sur les notices du catalogue. Un formidable outil de médiation numérique et de sérendipité. Mais à mieux regarder, on s’aperçoit qu’en moyenne seulement huit commentaires par  mois sont déposés sur le catalogue ! C’est bien peu sachant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier pour commenter ….

La non participation des bibliothécaires aux même ? Comment inciter l’usager à participer sur le catalogue si nous même nous ne nous donnons pas la peine de contribuer à la discussion. Je le regrettais déjà sur ce billet.
Oui mais.
A Romans sur Isère, toutes les critiques produites dans la médiathèque apparaissent sur les notices sous forme de commentaires et d’ appréciations. Cela représente une quinzaine d’avis de bibliothécaires chaque semaine. Et pourtant les commentaires et recommandations des usagers sont très rares !
J’aurai pu ajouter à cette liste une ergonomie rédhibitoire des fonctionnalités participatives de certains catalogues. Oui mais … 😉

Qu’est ce qui cloche alors ? Pas grand chose. Un catalogue de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque.  C’est à dire un outil de recherche documentaire ….. bien loin de l’univers numérique quotidien de l’usager internaute habitué à commenter sur les blogs, à taguer sur dailymotion ou à réagir via twitter. Un usager de bibliothèque qui veut participer nous attend ailleurs. Sur ce point, je vous renvoie aux billets de Silvère Mercier, de Bertrand Calenge ou encore de  Xavier Galaup.

Un catalogue 2.0 est donc vain ? Non, car les fonctionnalités dites 2.0 augmentent l’utilisabilité du catalogue. Un mieux pour l’utilisateur 1.0 et peut être une meilleur compréhension de celui ci pour l’utilisateur 2.0.
Oui, si  nous continuons à penser  le catalogue comme un simple réceptacle d’avis, d’appréciations et de tags. Des fonctionnalités participatives qui sont au final assez  prescriptives. La participation ce n’est pas simplement « permettre », c’est aussi aussi donner la possibilité de « penser avec » et de « construire avec ». Il faut donc s’en donner les moyens. Ainsi,  Un catalogue totalement ouvert où ses données sont libérées et donc disséminables donne toute liberté à l’usager qui le désire de se le ré-approprier. Réalisation d’une cartographie d’un genre pour l’un, d’une timeline pour l’autre ou d’un plugin pour celui ci. Au final des usages de nos silos de données totalement customisés et qui profitent à toute la communauté des usagers lecteurs – tangibles ou virtuels – et surtout à la bibliothèque.

J’entends déjà la remarque qui tue du fond de la salle : C’est bien beau tout cela mais au final nous allons perdre le contrôle des usages de notre catalogue. Et pourquoi pas ?

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Un exemple de mise en valeur et de médiation des collections à la Médiathèque du pays de Romans

La semaine dernière Silvère vous a présenté les étiquettes imprimées que nous collons depuis peu sur les documents  à la Médiathèque de la Monnaie à Romans sur Isère.  Ces étiquettes sont destinées à faciliter la médiation de nos collections. Celles ci ne sont en fait qu’un élément d’un processus plus large de médiation. Explication.

L’usager, source d’un savoir

Le point de départ est l’un des moments forts de notre programmation culturelle de ce premier trimestre : une exposition de photographies réalisées lors d’ateliers de cuisine mis en place par la Médiathèque en partenariat avec la MJC du quartier. Ces ateliers s’inscrivent dans une logique de médiation des collections. Des femmes du quartier de la Monnaie, d’origines géographiques diverses, apprennent à des usagers des deux structures à cuisiner comme dans leur pays.  Sans aller aussi loin que le concept des « living books « – sur ce point relire mon billet et surtout ses commentaires passionnés – ,  l’idée est quand même d’affirmer que nos usagers peuvent être aussi source d’un savoir mis à disposition.  Notre travail étant de révéler ces intelligences et d’y apporter un contenu de médiation.
Ces femmes  participent aussi tout au long de l’année à des animations autour du livre à la médiathèque et aux cours de français à la MJC du quartier. Apprendre à lire et écrire le français pour les unes, apprendre un savoir culinaire pour les autres.

La connaissance passe par la reconnaissance

Tout ce travail se retrouve sur un blog « Bonne recette et apprendre« .  Nous y publions les recettes écrites en atelier et  les photos autour de la gestuelle culinaire.  A la fin de chaque recette, les bibliothécaires proposent systématiquement des livres liés  au pays d’origine et à la recette.
Le blog est  un extraordinaire outil de valorisation de ce travail et de ce savoir. Valorisation aussi de personnes qui ne poussent pas si facilement la porte d’une bibliothèque … la connaissance passe par la reconnaissance. Élément important, ce blog est un  moyen plus « chaleureux » d’informer nos élus sur ce travail …  plus chaleureux en tout les cas qu’un bilan d’animation traditionnel. D’ailleurs notre collectivité a décidé de publier les textes et photos de ces ateliers sous la forme d’un beau livre …. quand les usagers révèlent leur médiathèque …

Proposer des parcours : de la Google map à l’étiquette imprimée

bulleBonne recette et apprendre s’accompagne d’une Google map , la cartorecette, qui géolocalise à la fois les recettes et les livres de cuisine liés disponibles dans les médiathèques du Pays de Romans. Le bon accueil de la cartoguide nous incite à continuer à proposer ce genre de parcours dans les collections.
N’oublions pas que la médiation numérique ne concerne que l’usager internaute et qu’il est donc indispensable d’impacter ce travail sur les services réels de la bibliothèque. C’est là qu’interviennent les étiquettes imprimées.

Nous nous sommes inspirés du système mis en place dans le réseau des Médiathèques du SAN du Val d’Europe. Merci à Silvère d’avoir partagé son expérience sur son blog et surtout pour sa disponibilité lors de nos différentes entrevues. En bref une étiquette est une recommandation sensée favoriser la sérendipité et les parcours d’usagers dans les collections –je vous renvoie au billet de Silvère.

adulte1

L’écriture de ces étiquettes est collaborative. Pratique déjà bien rodée à la Médiathèque de la Monnaie où tous mes collègues écrivent chaque semaine des critiques pour notre blog Everitouthèque . Ce blog centralise donc toutes nos critiques. Celles ci sont systématiquement enregistrées en mode brouillon par les  contributeurs sous deux formats : long pour le blog et court pour les étiquettes.  Un système de tags visibles qu’en back office permet de gérer la chaine de publication des billets et des étiquettes .  Je coordonne la production et valide la publication – voir ce billet pour comprendre notre chaine de publication. Tout ce que nous avons écrit sur le blog peut ainsi devenir une étiquette. Les usagers qui ne lisent pas notre blog peuvent donc profiter de ce travail de recommandation.

La recommandation ouverte à toute la communauté de la bibliothèque.

Nos usagers, libraires et autres partenaires contribuent à la rédaction de nos  étiquettes puisqu’ils écrivent déjà sur Everitouthèque.  A noter que ces avis basculent sur les notices de notre catalogue via l’onglet « Avis ». L’idée étant d’utiliser tous les canaux de diffsuion à notre dispoition pour disséminer ces recommandations issues de la communauté des biblio-acteurs.

libraire

En parallèle de ces avis au fil de l’eau, nous décidons d’un thème fort par trimestre. La cuisine est le thème de ce trimestre …. avec comme mot d’ordre  : aucune critique sur des livres de recettes !!! Des romans, des BD, des albums ont comme toile de fond la cuisine …. révélons les ! Une bibliographie  » La casserole dans tous ces états » qui rassemble tous ce travail est sur le point d’être proposée à nos usagers. A feuilleter ici

Et de la mayonnaise sur les livres ?

Ce cycle se terminera ce samedi par le vernissage de l’exposition photos suivi d’un pique nique avec nos usagers au sein même de la médiathèque,  en plein milieu des collections.  J’aime bien le rapeller … en principe ça fait bondir les bibliothècaires … mais OUI , il va y avoir de la mayonnaise de partout !! 😉  L’aprés midi nous fêterons les langues. Des usagers d’origine étrangère viendront raconter des histoires dans leur langue maternetelle …. la connaissance passe par la reconnaissance, disais je.

Je suis un vilain méchant bibliothécaire libéral & pragmatique qui soutient Amazon …

Sur le blog Livres échanges Bertrand Strainchamps de la libraire en ligne Bibliosurf s’en prend aux bibliothèques qui utilisent le web service d’ Amazon pour enrichir les notices de leurs catalogues :

Le contrat d’Amazon exige en retour derrière l’image récupérée un lien vers la notice correspondante sur le site d’Amazon. Ainsi, grâce à cet échange de bons services, Amazon tisse sa toile sur le Net.
[…] il serait regrettable que des bibliothèques participent avec de l’argent public (les modules fournis par les prestataires ne sont pas gratuits) à l’extension de la toile d’araignée d’Amazon.

Parmi les nombreux commentaires, Bertrand Strainchamps s’explique :

« Si les bibliothécaires n’arrivent pas à mutualiser cette tache [ récupération des vignettes de couverture], il serait bien que la profession encourage l’émergence de nouveaux prestataires. Quelle bibliothèque travaille avec Titelive qui fournit déjà des données enrichies aux libraires ? Pourquoi les distributeurs ne fournissent pas ces données ? Electre doit-elle être la seule société sur ce marché ?
Entre le gratuit mais en fait payant en terme de liberté publique que sont les plateformes web 2.0, le logiciel libre, et la logique propriétaire, il y a sans doutes des mixtes possibles. Mais pas au détriment de la profession de libraire.

Les bibliothèques par l’utilisation de ce webservice serviraient donc la soupe au grand méchant Amazon au détriment des libraires traditionnels et locaux. Déjà qu’elles fricotent avec le diabolique Google …..
Je vous encourage donc à lire les commentaires passionnés qui suivent le billet de Bertrand.

Pour ma part. Sur le problème de fond soulevé par ce billet, Je suis assez d’accord . Par contre, la forme un peu « donneur de leçon », un peu « gardien d’une morale » me donne la migraine. Je trouve un peu facile de ne pointer du doigt que les bibliothèques et leur incapacité à mutualiser leurs services, alors que le reproche peut être tout autant retourné vers les libraires.
Sur cette question, c’est le commentaire laissé par Nicolas Morin qui traduit au mieux ma position. Je me permets de le reprendre ici :

* tout l’argument de B. Strainchamps repose sur l’idée d’une chaîne du livre solidaire. Que je n’ai jamais vue en action pour ce qui me concerne.
* j’attends encore qu’on me montre l’endroit où le législateur a donné aux bibliothèques pour mission de soutenir non seulement la librairie en général (la FNAC et Amazon sont des libraires, entre autres), mais spécifiquement la librairie « de qualité, indépendante, etc ».
* le législateur a donné pour mission aux bibliothèques de proposer au public le meilleur service possible au coût le plus juste : elles dépensent l’argent du contribuable.
*  les libraires ne proposent aucun service alternatif crédible à ce stade. On a envie de répondre aux incantations de B. Strainchamps (Non à ceci, Non à cela) que les libraires n’ont qu’à proposer une alternative. Et qu’ensuite ils pourront se plaindre des bibliothèques qui ne saisissent pas l’occasion
* si je suis l’argument de B. Strainchamps, je dois en déduire qu’il attend des bibliothèques qu’elles s’abstiennent de proposer un service utile au public par solidarité avec les libraires. Bref: si la chaîne du livre doit mourir, mourrons tous ensembles, et gare à celui qui essaierait de s’adapter au numérique.

Je suis donc un vilain méchant bibliothécaire libéral & pragmatique … et je ne le savais même pas !

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Le document comme une conclusion

Nous ne pensons pas  suffisamment le parcours de l’usager dans l’élaboration de nos services en ligne. Nous imaginons ce parcours à partir du documents que cet usager est censé chercher. Cette approche montre toutes ces limites notamment lorsque cette recherche se fait de manière empirique. D’où les efforts que nous avons encore à fournir pour améliorer les interfaces de recherche et de résultats. Les recommandations automatiques ou encore les résultats à facette commencent à apparaitre sur les catalogues en ligne – je dis bien commence ….. nous devons proposer autre chose que le document indisponible. Une sorte de « bruit raisonné »

Je pense que nous aurions aussi intérêt à proposer des parcours prenant en compte  une simple envie de surfer sur notre catalogue sans avoir une idée précise en tête. Ce que nous faisons tous sur le web. La fameuse sérendipité. Dans ce cas, le document n’est plus la porte d’entrée à notre catalogue mais la conclusion du parcours de l’usager.

Une géolocalisation thématique du catalogue ou encore la mise en place d’une timeline permettent ces parcours sans passer par le champs Rechercher. Surfer au hasard d’un carte et tomber sur un livre de cuisine malgache ou un beau livre de photos sur la Patagonie. Susciter la surprise et révéler que nos catalogues sont bourrés de pépites. Accepter tout simplement l’idée que  certains de nos usagers – potentiels ? – ne  veuillent pas chercher dans le catalogue mais se laisser aller à leur intuition. Un vrai butinage numérique !
Nous proposons déjà sur nos portails des coups de cœur, des bibliographies. Seulement les formats proposés sont très linéaires et souvent la version numérique d’un document papier peu digeste à l’écran. Au final nous ne sollicitons que très peu la curiosité. Une présentation des nouveautés par coverflow par exemple et dés la page d’accueil du portail est un formidable « outil  déclencheur de curiosité ». Regarder ce que propose l’université de Villanova.   En l’utilisant j’ai retrouvé le plaisir que j’avais chez mon disquaire à flasher sur le design de la  pochette d’un vinyle, avant même de savoir de quel artiste il s’agissait. Nous pouvons le faire sur itunes, pourquoi pas sur le portail de ma bibliothèque ? la mise en scène numérique de nos collections est l’une des clés de l’efficacité et du succès des services en ligne de nos bibliothèques.

Réinventer les services en ligne de bibliothèque

Demain j’aurai le plaisir d’intervenir à l‘Enssib sur les enjeux de la bibliothèque 2.0. Une intervention de 6 heures, un vrai confort qui me permettra d’aller au fond de la problématique.

Cette intervention s’articulera sur l’idée que les services en ligne de bibliothèques doivent s’organiser en deux pôles. Un premier concerne l’approfondissement des services qui facilite l’accès à la bibliothèque physique et à ses collection, ainsi que l’amélioration de la relation à l’usager -« Du catalogue au portail de services en ligne ». Un second pôle de services à pour objectif de disséminer l’expertise de la bibliothèque sur le web en proposant des sites dédiés à des usages particuliers – « Disséminer la bibliothèque ».
Dans le premier cas nous poserons la question « qu’est ce que le web peut apporter à la bibliothèque ? ». Dans le second « Qu’est ce que la bibliothèque peut apporter au web ? ». Deux question indissociables.

Je vais aussi évoquer la nécessité d’impacter nos services virtuels dans le réel. J’évoquerai ce qu’appelle Daniel, l’ubibliothèque. La bibliothèque présente et disponible partout, tout le temps, sur tous les outils.

Une tentative de synthèse bien imparfaite …. mais j’ai hâte d’échanger avec les stagiaires sur ces questions.

Du bruit dans nos bibliothèques !

Je viens de commencer le livre de Marc Maisonneuve  » Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0 » qui est une étude comparative des opacs de nouvelle génération.

Dans le premier chapitre il tente avec réussite de définir ce qu’est un opac de nouvelle génération. Il insiste notamment sur la notion de bruit. L’opac traditionnel se démarque par un taux de silence redoutable ! Parce qu’il s’appuie sur le savoir faire du bibliothécaire et donc sur des notions de bibliothéconomie, une requête empirique d’un usager aboutit bien souvent à une page vierge de résultat. Marc Maisonneuve écrit :

Hypothèse favorable : l’usager considère que la bibliothèque n’a rien dans ses collections susceptible de répondre à ses attentes.
Hypothèse moins favorable : l’usager considère qu’à l’heure d’un google dominant, la bibliothèque a déniché le dernier outil capable de ne rien trouver dans une base de plusieurs centaines de milliers de notices

Un opac nouvelle génération doit être en mesure de donner à nos usagers des résultats, peu importe la requête et peu importe le bruit. Car un usager pourra toujours s’adapter au bruit mais pas au silence, souligne Maisonneuve. Et je suis bien d’accord 😉
Mais ça ne suffit pas, il faut pouvoir proposer à l’usager des outils d’analyse des résultats afin qu’il puisse juger de la pertinence des références proposées. L’auteur évoque notamment les facettes. Je vous renvoie au cahier des charges pour le site moderne de la bibliothèque modernes de nos rêves initié par Laurent sur bibliopédia. Si la requête est infructueuse, l’opac propose alors des mots proches – du style « Essayer avec .. »

Mais ce n’est toujours pas suffisant. La « mise en scène » et l’éditorialisation de la notice du  document sont aussi essentielles. Nos pratiques de catalogage, bien aidées par le format MARC, font que la description des documents proposée sur la page de résultat sont illisibles, voire incompréhensibles pour l’usager. De ce fait comment peut il juger de la pertinence de telle ou telle références.  Heureusement nous progressons rapidement sur ce point : les couvertures, extraits, résumés se généralisent …. mais on a pas toujours les trois en même temps 😉
Malheureusement la recommandation ou la critique du bibliothécaires est encore trop invisible sur ces notices et les données de l’usager  – avis, notes, tag … – lorsqu’elles sont tolérées, ne sont pas assez mis en évidence. A notre corps défendant nous faisons aussi avec ce que nous permet notre SIGB !

Exemple de notice sur Aloes. En bas la notice enrichie et éditorialisée à St Herblain.

je me rapelle de mes tous premiers pas derrière une banque de prêt – et ça n’est pas si vieux que cela …. non, non. On m’a expliqué qu’il ne fallait jamais laisser l’usager sans réponse; qu’il fallait, le cas écheant, l’accompagner vers une nouvelle piste de recherche. Notre expertise pour rassurer l’usager dans sa recherche. Et bien ce voeu pieux s’est perdu dans la tuyauterie de nos opacs traditionnels …

La biliothèque 2.0 est à la fois lieu physique et espace virtuel

Nous définissons bien souvent le concept de bibliothèque 2.0 à la volonté de développer de nouveaux services en ligne estampillés web 2.0.  Une approche qui me parait trop partiel.

Pascal Krajewski nous a proposé les 5 axes qui définiraient une bibliothèque 2.0 :

  1. se promouvoir (marketing)
  2. s’ouvrir à l’usager (qu’il devienne contributeur)
  3. améliorer les outils existants (approfondir les missions traditionnelles)
  4. délivrer de nouveaux services (diversification des missions traditionnelles)
  5. se poser en forum social (lieu central pour la communauté)

Et si le fameux 2.0 signifiait tout simplement un modèle de bibliothèque « réinventé ». Une bibliothèque 2.0 dans la globalité de ces services. Car au final, ces 5 piliers ne font qu’affirmer le recentrage de nos services sur l’usager. Un usager considéré  pour ce qu’il est et non uniquement pour ce qu’il doit faire dans la bibliothèque.

Nous connaissons tous l’exemple de Saint Herblain qui fut l’une des toutes premières Médiathèques à proposer un catalogue totalement ouvert à l’usager. Suite à une enquête auprès des usagers – peut être qu’ Yves Aubin pourrait nous en dire plus ! – la ville de Saint Herblain a décidé d’ élargir les services de la Médiathèque et leurs dispositions d’accès.

Ainsi depuis le 1er septembre :
– L’inscription devient gratuite pour tous les habitants de Saint-Herblain, quel que soit leur âge. De mon point de vue première marche indispensable pour raisonnablement élargir l’accès à la culture, à l’étude et à la connaissance.
– Élargissement des horaires d’ouvertures. la médiathèque Hermeland est désormais ouverte six jours sur sept, du lundi au samedi inclus. Les horaires sont également élargis.
– Afin de réduire les files d’attente à la sortie, trois bornes sont installées qui permettent les libres emprunts et retours des documents.
– La fin de la séparation enfants-adultes. Afin de combler le fossé intergénérationnel et pour mieux accompagner la transition de l’enfance vers l’âge adulte, les documents « jeunesse » et « adultes » ont été regroupés par thèmes dans les différents espaces, exception faite des albums pour les petits, des bandes dessinées et des romans jeunesse. Les documents présentés sur les rayonnages sont « tout public ».
Nous l’avons mis en place à la Médiathèque Monnaie à Romans sur Isère … et ça marche ! Des parents qui accompagnaient leurs enfants à la bibliothèques ont « découvert » le fonds documentaire adulte …
– La possibilité de réserver via le site internet ou par appel téléphonique.
– Enfin, le public peut désormais recevoir la liste des nouvelles acquisitions de La médiathèque sur un ou plusieurs thèmes choisis directement sur sa messagerie électronique ou par flux RSS.  Il suffit pour cela d’aller sur le catalogue informatique du site de La Bibliothèque et de cliquer sur les mots Nouvelles acquisitions en bas et à droite de l’écran.
(Source : Eventaire. Newsletter de la Médiathèque de St Herblain]

Nous sommes d’accord, rien de révolutionnaire, quoique. Mais ce qui me séduit ici, c’est la volonté d’améliorer l’accès et l’utilisation des services de la bibliothèque dans leur globalité et simultanément.  Ce qui mine de rien, est un signal fort.  Il n’y a pas de séparation entre le service réel et le service en ligne. La « bibliothèque 2.0 » est donc un pack de services indissociables. Et surtout le service à l’usager est clairement réaffirmé. Un usager  considéré dans sa multiplicité. il est hésitant ( gratuité, mélange des fonds …), il est actif ( élargissement des horaires, réservation en ligne, borne de prêt ),  il est un convaincu ( le fil rss, la newsletter …), il est un e-usager ( catalogue 2.0, rss, reservation en ligne …) ….

La bibliothèque à l’heure du web 2.0 – Un guide publié par Archimag.

La bibliothèque en devenir est à la fois lieu physique et espace virtuel. Ses missions traversent le temps : rassembler, organiser et diffuser le savoir, le patrimoine et la culture. Simplement le numérique oblige à les revisiter et les technologies 2.0 ouvrent la perspective de nouveaux services. Avec un mot d’ordre : l’accès sur place ou en ligne doit être facilité.
Ce qui est sûr : on ne peut plus concevoir une bibliothèque aujourd’hui comme on le faisait hier.

Cette nouvelle conception des bibliothèques est la « bibliothèque 2.0 »