« les sites web des bibliothèques : comment les faire évoluer pour les rendre plus vivants »

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NB : Ce billet est simultanément publié sur ce blog et celui de Silvère Mercier

La Bibliothèque de Limoges par le truchement du CNFPT Limousin (ou l’inverse) nous a demandé, à Silvère Mercier et moi-même, d’assurer 2 jours de formation les 19 et 20 novembre derniers sur le thème : « les sites web des bibliothèques : comment les faire évoluer pour les rendre plus vivants ». Intitulé-catalogue qui nous a permis de nous engouffrer dans la brèche ouverte par le mot vivant, en centrant la formation sur la démarche de médiation et d’animation de communauté sans proposer du tout un stage technique ou un catalogue de fonctionnalités en informatique documentaires.

Saluons l’excellent accueil qui nous a été fait par le personnel de la Bfm et tout particulièrement Nadine et Daniel qui outre une visite complète (jusqu’à la chaufferie) du magnifique équipement qu’est la Bibliothèque Francophone Multimédia de Limoges. Ils ont même donné de leur personne pour nous emmener dans des bars et nous permettre de rencontrer d’autres biblioblogueurs et assimilés en buvant des litres de bières, notamment lors de ce terrifiant match de foot, gagné oh la main!

Bibliothécaires, si vous passez par Limoges, ne manquez sous aucun prétexte de visiter la bibliothèque et de vous reposer quelques instant dans le jardin d’hiver, qui vous fera instantanément comprendre que la bibliothèque est un troisième lieu. 🙂

A l’origine, il nous avait été demandé de faire deux interventions successives d’une journée chacun. Nous avons proposé une co-animation pour ce stage, c’est à dire un intervention tous les deux sur les deux jours. C’était la première fois que nous adoptions cette formule.

Pourquoi ?  Ce dispositif permet un meilleur encadrement des stagiaires pendant les TD et une plus grande interactivité avec le groupe. Intervenir à deux est moins stressant, permet de se passer la parole et d’être plus disponible pour les échanges avec les stagiaires.

Tout ça ne peut fonctionner qu’à condition d’être pleinement en accord sur les contenus de la formation, ce qui est bien entendu le cas avec l’ami Silvère ! En outre, cela suppose un découpage minuté de la formation. De ce point de vue nous pouvons être fiers de nous puisque le formation est rentrée dans le temps imparti et qu’à peu de choses près le minutage initial a été respecté ! Précisons que nous avions 95% du contenu issu de nos précédentes interventions et que l’organisation du stage, le montage des TD et le découpage nous a pris chacun environ 5 heures, ensemble par téléphone, et/ou seuls devant nos PC.

A l’usage des formateurs qui le souhaitent, nous mettons à disposition la carte heuristique sur laquelle nous avons travaillé. Soit dit en passant, cet outil (mindmeister) et ce mode de représentation (carte heuristique) sont sont révélés très efficaces pour préparer une formation, parce que très synthétiques et modulaires. Cette carte est placée sous licence creative commons, By-nc-sa, ce qui signifie concrètement que si vous souhaitez la réutiliser pour assurer une formation rémunérée (usage commercial) vous devez nous en demander l’autorisation.

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Vous constaterez que notre démarche est progressive : contexte général du numérique, des outils, des enjeux des pratiques la première journée et la seconde plus orientée vers la mise en œuvre concrète et les retours d’expériences dans les bibliothèques.

Nous avons eu affaire à des stagiaires très sympathiques, intéressés et déjà un peu connaisseurs du numérique du fait de leur fonctions en majorité des postes de « responsables de l’informatique documentaire » de bibliothèques de tailles variées (parfois de très petites bibliothèques). Merci à eux pour la qualité de leur participation. (et n’hésitez pas à nous écrire si besoin !)

Nous avions choisi de proposer une approche pédagogique participative. En effet nous avions volontairement le premier jour évité de livrer des solutions toutes faites. A l’issu du panorama général sur les médias sociaux et d’une introduction sur le triptyque fil rss, blogs, wiki, nous avons donc dit aux stagiaires : maintenant, imaginez que vous êtes chez les Bisounours, oubliez vos contraintes, proposez nous 5 dispositifs qui vous semblent répondre aux attentes des usagers par rapport à ce que nous venons de vous proposer.

Le résultat fut, il faut le dire, à la hauteur de nos espérances ! Il est étonnant de voir la qualité de ce que des bibliothécaires peuvent imaginer lorsqu’on essaie de provoquer une démarche d’innovation dans un cadre pédagogique, par groupes de 3 ou 4 en quelques dizaines de minutes. Nous vous livrons donc ce qui a été proposé par les stagiaires, il s’agit de la prise de note en temps réel par Lionel à l’écoute de la présentation effectuée par le rapporteur de chaque groupe :

Table 1

– Flux rss personnalisé : service après recherche
– Livres pop up : vidéo sur Daily Motion Trailer d’albums jeunesses
– Mutualiser les tags et les commentaires de toute la France du monde
– Lettres de retard et réservation par mail ou sms
– Service de resa. en ligne et livres dispos

Table 2

– Flux rss recherche + classement par date d’acquisition
– Googlemaps des collections liées à une animation ou une programmation culturelle
– Émerger automatiquement les documents de la collection liés à l’actu
– Moteur de recherche thématique

Table 3

– Conférences en ligne : streaming + archivées + rss thématique lié au sujet de la conf.
– Fil Rss nouveautés + podcast lectures HV
– Mutualiser les ressources de nos expériences – archivage dans une BD – ouvert aux communautés de pratique.
– Webservice réseau social du livre

Table 4

– Flux rss nouveautés
– Indexation sociale sur le catalogue
– Recommandations statistiques
– feedothèque
– Portail de bib personnalisable
– Réseau social de la bib en ligne autour du livre
– IM sur le portail

Notez que les stagiaires ont une nette tendance à mélanger ce qui relève du service (relancer les retard par email) de ce qui relève de la médiation numérique sur les contenus. Il est normal à ce stade de la formation que cette confusion existe. Notons aussi que la nécessité de mutualiser à un large niveau national les contenus rédigés par les bibliothécaires a émergé d’emblée !

Afin de ne pas rester sur des innovations déconnectées de la réalité, nous avons proposé le lendemain un second TD permettant d’introduire l’innovation dans son contexte sur le mode : prenez un des dispositifs énoncé hier et mettez-le en œuvre dans une bibliothèque. Nous avons fait immédiatement suivre ce TD d’un retour de nos expériences en insistant sur les nécessité de légitimer, la démarche, les outils, les fonctions dans nos contextes respectifs. Nous avons en outre pris un peu de distance en liant la démarche à la mise en œuvre de politiques documentaires.

Là encore, résultats très intéressants, à partir desquels nous avons insisté sur différents aspects d’un projet de médiation numérique. Intéressant de constater que la notion de validation des contenus est très clairement ressortie, alors que la nécessité d’un coordinateur n’a pas été clairement identifiée… Attention, ne vous formalisez pas sur les détails, il s’agit d’une prise de note rapide.


Table 4

– Implication du personnel – Collection de fil RSS organisée par secteur – Coordination par un comité – pas nécessairement le chef de secteur.

Table 3

– Pbq de la validation des contenus (responsable de section – coordinateur- directeur …).
– Organisation du temps
– Volontariat ? Obligation ? Par intérêt ? Thématique hiérarchique.

Table 2

– Ouverture à tous les biblioacteurs
– Avis des lecteurs – mp3 – Podcast
– Pbq de la mobilisation

Table 1

– Formation interne- sensibilisation
– Comité de pilotage ( représentation par secteur sur la base du volontariat + DSI + Dir de com ) : réflexion sur la médiation numérique + un cahier des charges

Voici donc le support que nous avons utilisé. C’est un gros diaporama de 250 slides, lui aussi placé sous licence creative commons By-nc-sa. Remerciements en particulier à François Guillot pour nous avoir autorisé à reprendre son diaporama sur les dynamiques communautaires.


D’un point de vue plus large, il est clair que le monde des bibliothèques évolue ! Aujourd’hui, la demande porte de moins en moins sur l’alphabétisation numérique (qu’est-ce qu’un fil RSS, un blog, un wiki) que sur les enjeux et des conseils de mise en œuvre concrète. Il me semble urgent que les directeurs de bibliothèques (qui sont rarement dans ces formations, hélas) réalisent que la médiation numérique est une fonction à temps complet… Au même titre qu’il est devenu évident de créer des postes de « responsable de la politique documentaire », il me semble que l’avenir est au développement de « responsable de la médiation numérique » dans les organigrammes des bibliothèques. Il y aurait d’ailleurs un intéressant travail de développement d’une communauté de pratique spécifique aux « médiateurs numériques en bibliothèque ». A suivre…


Table 4

 

– Implication du personnel – Collection de fil RSS organisée par secteur – Coordination par un comité – pas nécessairement le chef de secteur.Table 3

 

 

– Pbq de la validation des contenus (responsable de section – coordinateur- directeur …).
– Organisation du temps
– Volontariat ? Obligation ? Par intérêt ? Thématique hiérarchique.Table 2

 

– Ouverture à tous les biblioacteurs
– Avis des lecteurs – mp3 – Podcast
– Pbq de la mobilisation

Table 1

– Formation interne- sensibilisation
– Comité de pilotage ( représentation par secteur sur la base du volontariat + DSI + Dir de com ) : réflexion sur la médiation numérique + un cahier des charges

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Le catalogue 2.0 ou le mythe de l’usager participatif ?

Le catalogue 2.0 s’ouvre à l’usager … Enfin, certain me diront. Ce catalogue 2.0 donne la parole à l’usager qui peut commenter une notice, attribuer une note à un document ou encore lui associer un tag … Ces  métadonnées générées par les usagers viennent enrichir la base bibliographique constituée par les bibliothécaires. En théorie. Dans la pratique force est de constater que les usagers utilisent très peu ces fonctionnalités participatives. Cette absence de masse critique est un vrai problème car un service participatif ne trouve son intérêt que si le nombre d’utilisateurs augmente. Quels seraient les freins à cette participation ?

L’obligation de se loguer pour participer ? Effectivement cette obligation présente un double inconvénient : celui de se couper des visiteurs non inscrits et surtout de casser la dynamique d’une navigation au hasard dans les collections – s’il en est !
Oui mais
. Si nous regardons le catalogue de Saint Herblain qui est totalement ouvert nous  ne pouvons que constater la faiblesse du nombre de commentaires.

La non mise en valeur des contenus produits par les usagers ? Nous pointons là,  l’une des grandes faiblesses de nos catalogues de nouvelle génération. Dans son livre « Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0 « , Marc Maisonneuve indique que si huit opacs sur dix  proposent la participation des usagers, seul quatre sur dix  intègrent dans les résultats de recherche les commentaires ou encore les tags laissés par les visiteurs. En outre, très peu de portails de bibliothèque font remonter les avis des usagers dés la page d’accueil.  Peu de commentaires donc et de surcroît invisibles.
Oui mais.
The Hennepin County Library propose un blog dans leur Bookspace qui agrège tous les avis déposés par les usagers sur les notices du catalogue. Un formidable outil de médiation numérique et de sérendipité. Mais à mieux regarder, on s’aperçoit qu’en moyenne seulement huit commentaires par  mois sont déposés sur le catalogue ! C’est bien peu sachant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier pour commenter ….

La non participation des bibliothécaires aux même ? Comment inciter l’usager à participer sur le catalogue si nous même nous ne nous donnons pas la peine de contribuer à la discussion. Je le regrettais déjà sur ce billet.
Oui mais.
A Romans sur Isère, toutes les critiques produites dans la médiathèque apparaissent sur les notices sous forme de commentaires et d’ appréciations. Cela représente une quinzaine d’avis de bibliothécaires chaque semaine. Et pourtant les commentaires et recommandations des usagers sont très rares !
J’aurai pu ajouter à cette liste une ergonomie rédhibitoire des fonctionnalités participatives de certains catalogues. Oui mais … 😉

Qu’est ce qui cloche alors ? Pas grand chose. Un catalogue de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque.  C’est à dire un outil de recherche documentaire ….. bien loin de l’univers numérique quotidien de l’usager internaute habitué à commenter sur les blogs, à taguer sur dailymotion ou à réagir via twitter. Un usager de bibliothèque qui veut participer nous attend ailleurs. Sur ce point, je vous renvoie aux billets de Silvère Mercier, de Bertrand Calenge ou encore de  Xavier Galaup.

Un catalogue 2.0 est donc vain ? Non, car les fonctionnalités dites 2.0 augmentent l’utilisabilité du catalogue. Un mieux pour l’utilisateur 1.0 et peut être une meilleur compréhension de celui ci pour l’utilisateur 2.0.
Oui, si  nous continuons à penser  le catalogue comme un simple réceptacle d’avis, d’appréciations et de tags. Des fonctionnalités participatives qui sont au final assez  prescriptives. La participation ce n’est pas simplement « permettre », c’est aussi aussi donner la possibilité de « penser avec » et de « construire avec ». Il faut donc s’en donner les moyens. Ainsi,  Un catalogue totalement ouvert où ses données sont libérées et donc disséminables donne toute liberté à l’usager qui le désire de se le ré-approprier. Réalisation d’une cartographie d’un genre pour l’un, d’une timeline pour l’autre ou d’un plugin pour celui ci. Au final des usages de nos silos de données totalement customisés et qui profitent à toute la communauté des usagers lecteurs – tangibles ou virtuels – et surtout à la bibliothèque.

J’entends déjà la remarque qui tue du fond de la salle : C’est bien beau tout cela mais au final nous allons perdre le contrôle des usages de notre catalogue. Et pourquoi pas ?

Un exemple de mise en valeur et de médiation des collections à la Médiathèque du pays de Romans

La semaine dernière Silvère vous a présenté les étiquettes imprimées que nous collons depuis peu sur les documents  à la Médiathèque de la Monnaie à Romans sur Isère.  Ces étiquettes sont destinées à faciliter la médiation de nos collections. Celles ci ne sont en fait qu’un élément d’un processus plus large de médiation. Explication.

L’usager, source d’un savoir

Le point de départ est l’un des moments forts de notre programmation culturelle de ce premier trimestre : une exposition de photographies réalisées lors d’ateliers de cuisine mis en place par la Médiathèque en partenariat avec la MJC du quartier. Ces ateliers s’inscrivent dans une logique de médiation des collections. Des femmes du quartier de la Monnaie, d’origines géographiques diverses, apprennent à des usagers des deux structures à cuisiner comme dans leur pays.  Sans aller aussi loin que le concept des « living books « – sur ce point relire mon billet et surtout ses commentaires passionnés – ,  l’idée est quand même d’affirmer que nos usagers peuvent être aussi source d’un savoir mis à disposition.  Notre travail étant de révéler ces intelligences et d’y apporter un contenu de médiation.
Ces femmes  participent aussi tout au long de l’année à des animations autour du livre à la médiathèque et aux cours de français à la MJC du quartier. Apprendre à lire et écrire le français pour les unes, apprendre un savoir culinaire pour les autres.

La connaissance passe par la reconnaissance

Tout ce travail se retrouve sur un blog « Bonne recette et apprendre« .  Nous y publions les recettes écrites en atelier et  les photos autour de la gestuelle culinaire.  A la fin de chaque recette, les bibliothécaires proposent systématiquement des livres liés  au pays d’origine et à la recette.
Le blog est  un extraordinaire outil de valorisation de ce travail et de ce savoir. Valorisation aussi de personnes qui ne poussent pas si facilement la porte d’une bibliothèque … la connaissance passe par la reconnaissance. Élément important, ce blog est un  moyen plus « chaleureux » d’informer nos élus sur ce travail …  plus chaleureux en tout les cas qu’un bilan d’animation traditionnel. D’ailleurs notre collectivité a décidé de publier les textes et photos de ces ateliers sous la forme d’un beau livre …. quand les usagers révèlent leur médiathèque …

Proposer des parcours : de la Google map à l’étiquette imprimée

bulleBonne recette et apprendre s’accompagne d’une Google map , la cartorecette, qui géolocalise à la fois les recettes et les livres de cuisine liés disponibles dans les médiathèques du Pays de Romans. Le bon accueil de la cartoguide nous incite à continuer à proposer ce genre de parcours dans les collections.
N’oublions pas que la médiation numérique ne concerne que l’usager internaute et qu’il est donc indispensable d’impacter ce travail sur les services réels de la bibliothèque. C’est là qu’interviennent les étiquettes imprimées.

Nous nous sommes inspirés du système mis en place dans le réseau des Médiathèques du SAN du Val d’Europe. Merci à Silvère d’avoir partagé son expérience sur son blog et surtout pour sa disponibilité lors de nos différentes entrevues. En bref une étiquette est une recommandation sensée favoriser la sérendipité et les parcours d’usagers dans les collections –je vous renvoie au billet de Silvère.

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L’écriture de ces étiquettes est collaborative. Pratique déjà bien rodée à la Médiathèque de la Monnaie où tous mes collègues écrivent chaque semaine des critiques pour notre blog Everitouthèque . Ce blog centralise donc toutes nos critiques. Celles ci sont systématiquement enregistrées en mode brouillon par les  contributeurs sous deux formats : long pour le blog et court pour les étiquettes.  Un système de tags visibles qu’en back office permet de gérer la chaine de publication des billets et des étiquettes .  Je coordonne la production et valide la publication – voir ce billet pour comprendre notre chaine de publication. Tout ce que nous avons écrit sur le blog peut ainsi devenir une étiquette. Les usagers qui ne lisent pas notre blog peuvent donc profiter de ce travail de recommandation.

La recommandation ouverte à toute la communauté de la bibliothèque.

Nos usagers, libraires et autres partenaires contribuent à la rédaction de nos  étiquettes puisqu’ils écrivent déjà sur Everitouthèque.  A noter que ces avis basculent sur les notices de notre catalogue via l’onglet « Avis ». L’idée étant d’utiliser tous les canaux de diffsuion à notre dispoition pour disséminer ces recommandations issues de la communauté des biblio-acteurs.

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En parallèle de ces avis au fil de l’eau, nous décidons d’un thème fort par trimestre. La cuisine est le thème de ce trimestre …. avec comme mot d’ordre  : aucune critique sur des livres de recettes !!! Des romans, des BD, des albums ont comme toile de fond la cuisine …. révélons les ! Une bibliographie  » La casserole dans tous ces états » qui rassemble tous ce travail est sur le point d’être proposée à nos usagers. A feuilleter ici

Et de la mayonnaise sur les livres ?

Ce cycle se terminera ce samedi par le vernissage de l’exposition photos suivi d’un pique nique avec nos usagers au sein même de la médiathèque,  en plein milieu des collections.  J’aime bien le rapeller … en principe ça fait bondir les bibliothècaires … mais OUI , il va y avoir de la mayonnaise de partout !! 😉  L’aprés midi nous fêterons les langues. Des usagers d’origine étrangère viendront raconter des histoires dans leur langue maternetelle …. la connaissance passe par la reconnaissance, disais je.

Le document comme une conclusion

Nous ne pensons pas  suffisamment le parcours de l’usager dans l’élaboration de nos services en ligne. Nous imaginons ce parcours à partir du documents que cet usager est censé chercher. Cette approche montre toutes ces limites notamment lorsque cette recherche se fait de manière empirique. D’où les efforts que nous avons encore à fournir pour améliorer les interfaces de recherche et de résultats. Les recommandations automatiques ou encore les résultats à facette commencent à apparaitre sur les catalogues en ligne – je dis bien commence ….. nous devons proposer autre chose que le document indisponible. Une sorte de « bruit raisonné »

Je pense que nous aurions aussi intérêt à proposer des parcours prenant en compte  une simple envie de surfer sur notre catalogue sans avoir une idée précise en tête. Ce que nous faisons tous sur le web. La fameuse sérendipité. Dans ce cas, le document n’est plus la porte d’entrée à notre catalogue mais la conclusion du parcours de l’usager.

Une géolocalisation thématique du catalogue ou encore la mise en place d’une timeline permettent ces parcours sans passer par le champs Rechercher. Surfer au hasard d’un carte et tomber sur un livre de cuisine malgache ou un beau livre de photos sur la Patagonie. Susciter la surprise et révéler que nos catalogues sont bourrés de pépites. Accepter tout simplement l’idée que  certains de nos usagers – potentiels ? – ne  veuillent pas chercher dans le catalogue mais se laisser aller à leur intuition. Un vrai butinage numérique !
Nous proposons déjà sur nos portails des coups de cœur, des bibliographies. Seulement les formats proposés sont très linéaires et souvent la version numérique d’un document papier peu digeste à l’écran. Au final nous ne sollicitons que très peu la curiosité. Une présentation des nouveautés par coverflow par exemple et dés la page d’accueil du portail est un formidable « outil  déclencheur de curiosité ». Regarder ce que propose l’université de Villanova.   En l’utilisant j’ai retrouvé le plaisir que j’avais chez mon disquaire à flasher sur le design de la  pochette d’un vinyle, avant même de savoir de quel artiste il s’agissait. Nous pouvons le faire sur itunes, pourquoi pas sur le portail de ma bibliothèque ? la mise en scène numérique de nos collections est l’une des clés de l’efficacité et du succès des services en ligne de nos bibliothèques.

Géolocalisons nos collections !

Il y a des minutes précieuses. Celles passées à Brest en compagnie de Loïc Hay le furent sans aucun doute. En quelques clics passionnés et passionnant il m’a fait une démonstration de quelques services en ligne permettant de géolocaliser automatiquement une base de données. Le zybride que je suis a immédiatement percuté sur l’un d’eux : batchgeocode.com. Démonstration.

Le point de départ est une table de données sur une feuille de calcul. J’effectue donc une exportation de notices à partir de mon SIGB – opsys – vers une feuille de calcul. L’important étant de récupérer des notices ayant des infos géolocalisables. Faut donc jouer avec les mots matières.

Celle ci à l’écran Il est nécessaire de la reprendre afin d’éliminer le bruit et de veiller à ce que les entrées géographiques – ici, les mots matières -soient bien géolocalisable. La région « Bretagne » ne fonctionne pas, le département du Finistère, oui. En bref batchgéocode géolocalise sans trop de soucis, les villes, les départements, les pays et les continents.
Ce formatage terminé, j’ai donc une table de notice avec le titre, l’auteur, l’édition, le résumé, la cote et les mots matières géolocalisables. Voir l’exemple ici.

Direction batchgeocode.com. Pas besoin de se logger, le service est totalement ouvert ! But in english.

Copiez la base de données figurant sur votre feuille de calcul et collez la dans la zone texte prévu à cet effet sur la page batchgeocode.

Puis cliquez sur « Validate Source » pour vérifier que le format de la table est exploitable. Si c’est le cas, le nombres de lignes et de colonnes doivent correspondre à votre table source.

L’étape suivante est importante. Il faut sélectionner les colonnes qui détermineront à la fois les infos géolacalisables sur la carte et celles qui figureront sur la bulle d’information correspondant à la notice localisée.

Tout est ok ? Aspirine peut être ? Cliquez sur le bouton « RunGeocoder » et le géoencodage de vos notices s’engage. Cela peut être long ….

C’est fait. Deux options sont possibles. Soit cette carte devient une page web avec une url propre. Le Portail de la bibliothèque pouvant pointer vers celle ci. Dommage, pas de possibilité de « l’embeded « !

Soit la carte est encodée en un fichier KML. Nos usagers pourront ainsi intégrer directement la cartoguide de la bibliothèque dans leur Google Earth !

Au delà, ce fichier KML pourra être utile pour d’autres services en ligne permettant de superposer des couches d’informations supplémentaires à ce dernier …. j’en parle bientôt.

Une solution qui demande encore du travail et qui ressemble fort à du bidouillage. Néanmoins sans commune mesure avec la première cartoguide que j’avais faite à la main sur google maps !

Quelques remarques. Je n’ai pas utilisé toute les possibilités de ce service. Nous pouvons ajouter à la table de données des urls de sites, d’images – couvertures de livres par exemple -, l’url de la notice si les liens profonds étaient possibles sur mon SIGB, des codes de couleurs permettant par exemple, de différencier les collections. Je ne l’ai pas fait car ces infos n’étant pas directement intégrées aux notices,  je n’ai pas eu le courage de les rentrer manuellement pour chacune des 384 notices !
Ceci dit, pourquoi ne pas rentrer ces informations lors du catalogage des prochaines acquisitions de guides ! Prendre en compte aussi, la possibilité de géolocaliser la notice lors de  l’attribution des mots matières. « Himalaya »seul, n’est pas géolocalisable, « Himalaya – Tibet « , oui. Des suggestions qui ne sont pas simples à organiser en interne….

Pourquoi géolocaliser son catalogue ?
C’est tout d’abord le moyen de revaloriser notre catalogue et nos collections en offrant des portes d’entrées plus ludiques et plus adaptées aux publics – établies ou potentiels ! Une carte permet ce que ne permet pas nos catalogues : le surf ! Glisser un peu au hasard des notices. Permettre aussi ce que fonts nos usagers dans nos murs : butiner d’un rayon à l’autre. Permettre enfin, ce que font les non usagers sur internet, s’amuser à zoomer sur Google Earth et tomber sur une notice de ma bibliothèque !
Le biliothècaire y trouve aussi son compte. En terme de politique documentaire notamment. Cette représentation  graphique permet de voir en un seul regard quelles zones sont riches et quelles zones ont été négligées.

Enfin ces outils spectaculaires sont une manière de mettre en valeur tout ce savoir qui dort parfois dans la tête du biliothècaire.