Parution du livre – Médiation numérique des savoirs

screen-shot-10-22-17-at-01-55-pmJe suis particulièrement heureux aujourd’hui de vous annoncer la parution d’un livre co-écrit avec Silvère Mercier aux éditions ASTED. Il s’intitule :  Médiation numérique des Savoirs – des enjeux aux dispositifs.

Ce livre nous avons mis 5 ans à l’écrire et des milliers d’heures à le concevoir, à travers nos blogs, notre veille, les formations animées et nos projets. Il est le reflet d’une prise de conscience progressive des enjeux du numérique, de l’émergence des communs de la connaissance et d’un rapport à la notion de collection qu’il nous semble essentiel de repenser à travers sa médiation. Il vous permettra de mieux comprendre ce que nous appelons médiation numérique des savoirs et vous donnera de nombreuses pistes et exemples pour l’appliquer.

Ce livre n’est pas un outil de simplification ou de formation au numérique (ça existe déjà), c’est une base de réflexion et d’action stratégique et concrète.

Ce livre est un tout, il se veut à la fois une réflexion et un manuel pratique. Nous remercions chaleureusement notre éditeur, l’ASTED qui nous a très bien accompagné pour la parution de ce très bel objet !

Voici la dédicace qui est au début du livre :

Ce livre est dédié à la mémoire de Bertrand Calenge, Conservateur des bibliothèques et praticien-chercheur des bibliothèques pour la pertinence constante de ses analyses et pour les commentaires numériques bienveillants tout au long du processus d’élaboration des idées directrices de ce livre

Il est dédié également à Jenny Rigaud qui nous a permis de développer des formations à la médiation numérique de savoirs et qui a toujours su nous soutenir et nous accompagner avec la principale qualité qui est celle du fonctionnaire efficace: l’opiniâtreté.

Il est enfin dédié à tous les bibliothécaires qui expérimentent, qui cherchent, qui recommandent et qui sont autant de rêveurs professionnels, ou de crapauds fous !

Fidèles à nos convictions, nous allons rendre ce livre disponible gratuitement et en intégralité sur un site web dans 3 mois, son contenu est placé sous licence Creative Commons CC-BY-SA

Il a déjà été présenté lors du Congrès des Professionnels de l’Information à Montréal et il est en vente au Québec. Ne le cherchez pas chez votre fournisseur habituel, vous ne pouvez vous le procurer qu’auprès de la Librairie du Québec

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Médiation numérique des savoirs et marketing public : différences et complémentarités

Réjean Savard, directeur de la revue Documentation et bibliothèques nous a interrogé, Silvère Mercier et moi sur les liens entre la médiation numérique des savoirs et le marketing à l’occasion d’un dossier sur le marketing de cette revue Québécoise (attention les articles ne sont pas en accès libre). Nous avons répondu avec plaisir, parce que cela nous a permis de clarifier pas mal de points que nous n’avions jamais eu l’occasion de creuser. L’article qui suit vous permettra de mieux comprendre ce que nous entendons par ce « concept opérationnel » de Médiation numérique des savoirs en attendant la parution prochaine d’un livre coécrit avec Silvère Mercier. Nous vous incitons bien sûr à lire le contenu de cette excellente revue trop peu connue par chez nous !

Médiation numérique des savoirs et marketing public : différences et complémentarités

 

 

La thématique de la médiation s’est développée ces dernières années dans les discours professionnels des bibliothécaires. Comme cette notion est souvent ramenée à la médiation culturelle, nous avons souhaité garder ce terme et lui donner une visée opérationnelle dans le secteur des bibliothèques publiques en parlant de « médiation numérique des savoirs ». Il s’agit pour nous de prendre en compte les changements majeurs apportés par le numérique à la construction et à la diffusion des savoirs et des savoir-faire. Parallèlement, dans le secteur culturel, les outils et concepts du marketing sont de mieux en mieux connus et appliqués au sein du secteur public. Qu’entendons-nous par médiation numérique des savoirs? En quoi ce « concept opérationnel » se distingue-t-il du marketing public?

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La bibliothèque, une maison des communs du savoir.

CSBLa lecture des grands textes de référence sur le rôle et les missions des bibliothèques révèle ce lien intime existant entre les bibliothèques et les communs du savoir. Que cela soit le « Manifeste de l’Unesco pour les bibliothèques Publiques » de 1994, la « Charte des Bibliothèques du Conseil Supérieur des Bibliothèques » de 1991 ou encore la « Déclaration de Lyon sur l’accès à l’Information et au développement » de l’International Federation of Library Associations (IFLA) de 2014, tous ces grands textes et pour ne citer que ses trois exemples, portent les valeurs fondamentales défendues par la pensée des communs du savoir : la nécessité d’un accès et d’un partage non entravés de l’information et de la connaissance afin de faciliter l’émergence de nouveaux savoirs et le développement des sociétés. La toute récente « Charte pour l’accès libre à l’information et aux savoirs »  de l’Association des Bibliothécaires de France (ABF) se réfère explicitement aux communs du savoir en énonçant à l‘article 7, « le droit des citoyens d’accéder, de réutiliser, de créer et de diffuser des communs du savoir en bibliothèque ». Et ce n’est pas un hasard si Elinor Ostrom a co-dirigé l’ouvrage collectif et fondateur de la pensée des communs du savoir, « Understanding knowledge as a commons » avec Charlotte Hesse, bibliothécaire américaine.

Malgré cette grande proximité pouvons-nous considérer les bibliothèques publiques comme des communs du savoir ?

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Quelles articulations entre les communs des savoir et les bibliothèque ?

CSB

Ce texte est la partie introductive de l’ouvrage « Commun des savoirs et bibliothèques » que j’ai eu le plaisir de diriger pour les éditions du Cercle de la Librairie. Le sommaire de cet ouvrage est consultable en ligne.



Nous parlons de commun de la connaissance dès lors qu’il y a une activité collective et horizontale pour créer, maintenir et offrir des savoirs en partage. L’émergence du numérique a facilité et encouragé ses usages de création et de diffusion au point d’offrir une opportunité extraordinaire pour construire une société du savoir ouvert et partagé à l’échelle du monde. Wikipedia, l’encyclopédie collaborative sous licence libre est sans nul doute l’exemple le plus emblématique. Mais en parallèle les activités d’enclosure des biens informationnels n’ont cessé de prendre de l’ampleur. Par enclosure nous entendons toute une série de stratégies technique, économique ou juridique, visant à limiter la circulation et le partage de l’information et du savoir. Ce mouvement n’est pas le seul fait d’entités privées ou commerciales. Les institutions publiques peuvent également contribuer à la fragilisation des communs de la connaissance sans en avoir toujours conscience. L’accès au savoir est un droit fondamental et le manifeste de l’Unesco pour les bibliothèques publiques nous rappelle que les bibliothèques demeurent des institutions facilitatrices et garantes de cet accès pour tous aux savoirs, de leur préservation, de leur circulation. Le numérique ne remet pas en question les fondements de ces missions et les bibliothèques n’ont jamais eu vocation à être des verrouilleurs d’accès. Des territoires et des bibliothèques ont activement décidé de jouer un rôle important dans la promotion, la protection et le développement des communs du savoir. Ils incarnent un engagement pour une politique publique d’accès libre et ouvert aux savoirs et reconnaissent à la connaissance partagée un rôle moteur dans le développement de nos sociétés. C’est cette approche que nous souhaitons détailler dans cet ouvrage au travers de trois grands champs d’actions possibles :

– préserver et valoriser les biens communs du savoir,
– contribuer aux communs du savoir,
– encourager l’émergence d’une co-gestion des communs du savoir.

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Le club des Irrésistibles : un bel exemple de médiation globale à Montréal

Les recommandations du club des irresistibles - L.Dujol. CC-BY-SA

J’ai la chance d’effectuer un stage en immersion dans le réseau des bibliothèques publiques de Montréal. Des rencontres, des lieux, des notes … et un carnet, rue Milton.

C’est sous une pluie fine et une température clémente pour la saison que je marche à travers le quartier résidentiel d’Outremont où j’ai rendez-vous avec Marie Anne Poggi à la bibliothèque Robert Bourassa.

Marie Anne Poggi est animatrice de clubs de lecture au sein des bibliothèques de la grande région métropolitaine de Montréal depuis près de 30 ans. Elle y anime une vingtaine de clubs de lecture. Marie Anne est une passionnée comme rarement j’en ai croisé. Elle vous parle de son métier d’animatrice avec une telle conviction que l’on abandonne vite son clavier pour l’écouter parler d’un club plus particulier, celui des Irrésistibles.

Créé en juin 2007, le club des Irrésistibles est constitué de lectrices et de lecteurs désireux de faire connaitre leurs coups de coeur ou leurs coups de gueule en écrivant des critiques de livres, de films ou encore de pièces de théâtre. La première originalité de ce club est qu’il est ouvert à tous. Il n’est pas nécessaire d’être abonné à une bibliothèque, ni d’être montréalais, il suffit juste de vouloir partager ses lectures et de se déclarer comme membre du club en s’inscrivant sur le site dédié ou via un club de lecture animé par Marie Anne. Ils sont à ce jour plus de 600, certains provenant d’ Europe, d’Australie ou d’Amérique du sud.

Une scénographie spécifique - Par L.Dujol. CC-BY-SA

La force de ce club est l’animation de la communauté effectuée par Marie Anne. Celle ci suggère, accompagne, encourage et relance sans cesse les lecteurs. Mais surtout elle valorise les productions de sa communauté. Chaque semaine une infolettre est publiée offrant les nouvelles suggestions de la semaine. Ces mêmes suggestions sont visibles sur le site du club qui offre un accès aux critiques par genre. Le meilleur de ses critiques est lu lors d’une émission radiophonique hebdomadaire sur une radio locale de Montréal. Il est possible d’écouter l’émission en direct via leur site web tous les samedis de 18h30 à 19h, heure française. Le podcast arrive bientôt. Les supports tangibles de médiation ne sont pas oubliés. Un logo « 100% certifié irrésistibles » est apposé sur la couverture de tous les documents suggérés et sont ensuite mis en valeur par une scénographie spécifiques dans les murs de la bibliothèque Robert Bourassa. Ce logo est devenu un « label qualité » de recommandation apprécié par les abonnés qui empruntent et réservent très largement ces documents. Au final une valorisation sur des supports physiques, radiophoniques et numériques. Un bel exemple de médiation globale des collections organisée en écosystème.

Ce travail de médiation cible toute les communautés que peut toucher une bibliothèque. La communautés des abonnés, la communauté des habitants de l’agglomération montréalaise, la communauté de pratique des bibliothécaires et la communautés d’intérêt des amateurs de lecture qui s’activent sur le web. S’y ajoute la force de l’animation de Marie Anne, qui fait la passerelle entre ces sphères physiques et numériques et apporte l’indispensable valeur ajoutée humaine à cette communauté. Une bibliothèque au cœur de toutes les communautés et à la croisée de tous les espaces documentaires qu’ils soient physiques et numériques.

Depuis 2009, le club des irrésistibles désigne une œuvre qui se mérite le prix annuel des lectrices et lecteurs du club. Cette œuvre est choisie par un jury constitué de membres du club, à partir des cinq titres les plus souvent suggérés durant l’année. Un moment fort dans la vie de cette communauté. Ces livres ne sont pas nécessairement des parutions récentes et concernent tous les genres littéraires. Il n’est pas nécessaire n’ont plus que ces livres soient disponibles dans le catalogue de la bibliothèque. D’ailleurs les suggestions les plus populaires peuvent être aussi des suggestions d’achat qu’essaient de suivre les bibliothécaires acquéreurs. Une communauté d’amateur à l’initiative des acquisitions des professionnels. Encore une belle initiative.

Un regret néanmoins. Les suggestions ne sont pas signées. La mention “membre de – le lieu où vit l’auteur », figure au bas de la critique. Dommage de ne pas donner au moins le prénom de l’auteur de la suggestion suivi de son statut, simple lecteur, abonné ou encore bibliothécaire. La valorisation des contenus est essentielle, mais celle de l’expertise professionnelle et amateur l’est aussi.

Biblioquest : la médiation numérique au coeur du projet d’établissement

Voici en exclusivité les supports, les liens, en un mot les contenus de la session de formation que nous avons crée l’année dernière. Cette nouvelle saison s’est tenue à Montpellier en novembre 2011 sur 3 jours. Elle était co-animée par Silvère Mercier et moi-même. Il s’agit de la seconde fois que ce cycle a lieu, c’est donc la seconde saison de Biblioquest, la série 😉

Organisée sous l’impulsion de l‘INSET de Nancy, elle s’adresse aux direction des bibliothèques territoriales et vise à provoquer une prise de conscience, à faire naître des pratiques et des argumentaires permettant le développement de projets de médiation numérique dans les établissements. Il s’agit ici du second Episode de cet itinéraire de formation que nous avons intitulé Biblioquest, la trilogie du changement, le premier épisode porte sur les outils numériques et le prochain traitera des contenus. Vous trouverez tous les liens vers le catalogue du CNFPT à la fin de ce storify avec les liens vers les stages pour vous y inscrire si vous le souhaitez.

La demande étant très forte pour ce type de formation nous avons souhaité développer l’équipe des formateurs. Renaud Aioutz et Anne-Gaëlle Gaudion ont suivi cette formation au titre de la formation de formateur (ils ont pris pas mal de notes, notamment via twitter pour Renaud ce qui nous a permis de vous proposer ce storify). Ils animeront donc une session supplémentaire en 2012 à Nancy, et nous maintiendrons cette formation avec Silvère à Montpellier dans un an. Vous aurez donc droit à 2 cycles de 3 épisodes chacun en 2012 !

Voici donc le déroulé de la formation et de ses contenus à travers des tweets et des liens vous permettant d’approfondir et de découvrir les notions abordées. C’est le tout premier storify d’une formation de bibliothécaires, c’est à ce jour ce qu’il existe de plus complet sur la médiation numérique dans les bibliothèques, profitez-en, n’hésitez pas à le lire et à le faire circuler!

Lire le Storify

Ce billet est publié simultanément sur le blog de Silvère Mercier

Réaffirmer les grands principes d’accessibilité à la culture à l’heure du numérique – Bookcamp Montréal 2011

Lucie B. Bernier et André Roussil ont produit un document vidéo sur le dernier Bookcamp de Montréal.  Une dizaine de minutes où ils ont brillament restitué l’esprit des bookcamps qui se veulent être un bouillonnement d’idées et de réflexions collectives sur l’avenir du livre.

Le débat sur la question des  DRM est abordé à partir de la 6ème minute du document. Une bilbiothécaire explique que si les bibliothèques québécoises n’avaient pas adopté les DRM, il n’y aurait toujours pas d’offres de livres numériques dans ces équipements. « Cela permet d’avancer malgré tout. Il faut que l’on apprenne à vivre avec »en attendant mieux, continue t-elle. C’est une approche consensuelle que je comprends totalement, d’autant que la demande semble être plus forte au Québec qu’en France,  mais que je ne partage pas. Croire qu’en donnant aujourd’hui crédit à ces modèles avec DRM annonce des lendemains meilleurs est illusoire. J’ai déjà longuement expliqué ici ma position qui est celle de boycotter les plateformes de prêts numérique ayant des DRM qui sont une atteinte scandaleuse aux droits numériques fondamentaux de nos usagers lecteurs. J’ai bien conscience que cela est radical.

Tout est dit par l’un des participants, à 10 min 30 dans le document.

 » La corporation des bibliothécaires devraient prendre une position publique pour réaffirmer les grands principes d’accessibilité à la culture  » à l’heure du numérique.

OUI, OUI et OUI, que cela soit au Québec ou en France – l’IABD s’y active –  car ce n’est pas les grands marchands du livre qui le feront ! Ne soyons pas leur complice !