url1Débattre de la bibliothèque 2.0 c’est bien, mais l’expérimenter c’est mieux ! Sauf que bien des collègues me font part de leur difficulté à expérimenter ces nouveaux services en ligne du fait d’un accès à internet bridé au sein de leur établissement. Myspace, Facebook, Twitter et autres you tube sont tout simplement interdits d’écran dans les bureaux de nombreuses médiathèques. Le comble est que le public a parfois plus d’accès que les professionnels qui sont censés les accompagner …

Les services informatiques se défendent en mettant en avant  l’aspect sécurité. Dans de nombreux cas  le réseau  interne de la Médiathèque est intégré à celui de sa collectivité  et en subit donc les restrictions. Il y a aussi des raisons plus pragmatiques. You tube, Deezer sont des services très gourmands en bande passante et bloquer leur accès c’est assurer un débit convenable sur l’ensemble du réseau –  Ayons aussi   l’honnêteté de reconnaitre qu’ils existent ici et là des débordements … Mais derrière ce constat il y aussi un argument moins avouable mais bien présent chez certains cadres : un bibliothécaire qui a sur son bureau un accès libre à internet , c’est un bibliothécaire qui glandouille. Remarquez je me demande comment les bibliothèques françaises arrivent à fonctionner avec des hommes qui passent leur temps à lire l’Equipe au bureau, et des femmes qui ne cessent de feuilleter le dernier Elle Magazine…..  😉

Si ces restrictions sont compréhensibles elles ne  peuvent convenir aux professionnels de l’information et de la documentation que nous sommes. Nos besoins sont d’abord bien spécifiques par rapport à ceux de la majorité des agents administratifs.  Nous avons des exigences  de service aux publics aussi incontournable que les nécessités de sécurité.  Comment accompagner, expliquer, médialphabétiser l’usager si nous même dans le cadre de notre travail nous ne pouvons expérimenter le web ? Comment proposer un service de mise en valeur de la scène locale, par exemple, si nous ne pouvons accéder à Myspace ? Comment offrir une offre de contenus numériques tel que la VOD en ligne si le bibliothécaire ne peut visionner en streaming sur son poste les œuvres … ?
Imaginez une seconde que votre tutelle vienne vous expliquer que vous ne pouvez avoir en libre accès qu’à 20 % de votre fonds mais qu’en outre il vous donne la liste des documents autorisés à consulter …. inimaginable et pourtant c’est exactement le même raisonnement qui est tenu avec l’accès limité au web.  Bref, comment peut on imaginer une seule seconde qu’à l’heure où internet devient le premier média d’accès à l’information, les professionnels de l’info-doc  en soit bridés dans son usage professionnel ? Bon j’arrête … 😦

Quelles solutions ? Celle que nous avons à Romans sur Isère me paraît être le meilleur dispositif. Nous avons un accès interne spécifique pour la médiathèque. Nous pouvons ainsi accéder à internet en dehors du réseau sécurisé de notre collectivité et ce sur chaque poste des bibliothécaires. Ce n’est pas un hasard si tous mes collègues ont suivi des projets tel qu’ Everitouthèque ou la mise en place d’un netvibes interne. Ça ne fait pas tout non plus …

Les relations avec nos collègues du service informatique sont donc complexes, comme s’il fallait justifier de sa façon de travailler quand on demande à avoir accès à des podcasts. Pas toujours non plus et heuresement – je peux en témoigner pour ma collectivité. Il y aussi beaucoup d’incompréhension que j’attribue notamment à notre incapacité à communiquer auprès de nos élus et autres cadres des évolutions majeures que connaît notre profession et des nouvelles exigences et compétences inhérentes à ces changements.

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5 commentaires sur « Bibliothècaire et service informatique, je t’aime moi non plus ? »

  1. Allons, encore une victime (ou pire) de la perversité Web, un quoi ? — gauchiste, ça fait pas trop fin de siècle ?

    Comment ignorer aussi clairement que le beau réseau Internet, astucieusement commandité aux universitaires par le Pentagone pour assurer des communications robustes afin de répliquer à une attaque surprise de qui vous sav(i)ez, avec ses effets EMP (voir Wikipedia) et qui se révèle aussi opportun à la création d’espaces publicitaires par de jeunes entrepreneurs innovants, a été dangereusement dévoyé par quelque vague physicien du CERN, même pas helvète, de surcroît, pour en faire un espace d’atteinte aux mœurs, la moralité et — horresco referens — la propriété (ouf! seulement intellectuelle, est-ce si grave, finalement ?) ?

    Fort heureusement, technique, intérêts supérieurs et autorité peuvent être remis à quelques services informatiques ou fournisseurs d’accès à même de surveiller les agissements coupables de feignants infantiles, et même, pour ne pas risquer de fâcher l’étrange institution qu’est la CNIL, leur éviter de tomber dans la faute, leur couper le maximum d’accès.

    D’ailleurs, c’est moins fatigant.

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  2. Bonjour

    Débattre de la bibliothèque, c’est aussi avoir réclamé un accès Internet indépendant de la collectivité. (Si l’accès du public est meilleur que celui des professionnels, alors il faut demander à se brancher sur l’accès public. 🙂 )

    C’est aussi avoir présenté aux élus un projet de mise à disposition de Podcasts, vidéo, images, et/ou des liens, signets et autres.

    C’est encore expliquer comment fonctionne la coopération entre bibliothè(ques)caires, ou tout simplement comment fonctionne une bibliothèque : on regarde 10 documents avant d’en sélectionner un. Que ce soit un document web ou un document physique.

    Un autre moyen pour obtenir un accès You Tube, c’est de produire de la vidéo (pour X raisons on peut en produire) et de demander la mise à disposition de ces vidéos pour le public, en indiquant bien que You Tube serait tout indiqué pour, mais que vous ne voyez aucun inconvénient à squatter quelques Go sur le serveur de la mairie.

    Compréhension du métier de bibliothécaire, ouverture sur une bibliothèque multimédia interne, etc. Autant de points à expliquer.

    En plus de comprendre ce qui est demandé à l’informaticien.

    Car l’informaticien, on lui demande au moins deux choses :

    1) protéger le système informatique pour que tout le monde puisse continuer à travailler.

    => lutter contre les virus (et tout ce qui a trait aux mots « virus informatiques » )
    => garantir à tous les utilisateurs un niveau de ressources correct. (espace disque, espace dans le tuyau Internet, nombre de machines, etc.)
    => se protéger contre les conséquences imprévues d’un téléchargement illégal (c’est-à-dire : la coupure de l’accès Internet)
    => effectuer le travail de sauvegarde des données.

    2) Développer ou acheter des programmes destinés à faciliter le travail de tout le monde.

    Le tout, dans les crédits accordés par la commune (ou autre niveau structurel).

    Quand l’informaticien bloque l’entrée des données extérieures, c’est qu’il sait très bien, qu’en cas de soucis, c’est à lui qu’il sera dit : bravo ! (Nb d’employés) * jours de travail perdus, parce que vous n’avez pas fait votre travail.

    Plus la structure est importante, plus ce nombre de jours de travail perdus est explosif, et se chiffre vite en milliers d’euros perdus. Sans compter la perte d’image de marque auprès des « clients ». Allez expliquer que vous ne pouvez pas prêter vos documents parce qu’un virus est entré dans votre réseau. (petits sourire en coin ou rire jaune pour ceux qui craignent l’amende de retard, ou pour ceux qui viennent de loin : pas très sérieux tout ça.)

    Et puis le personnel va vite râler parce qu’il ne peut plus travailler, et que ça va le mettre en retard pour les commandes, pour… (je vous laisse choisir les options)… et qu’ils passent pour des incapables auprès des « clients/fournisseurs ».

    Bref ! « Ils sont vraiment nuls ces informaticiens. »

    Alors que tout informaticien connaît cette équation par coeur : le pire virus qui puisse exister, c’est l’utilisateur (interne ou externe). Pire l’utilisateur qui pense s’y connaître, et ne dira pas ce qu’il a fait.

    Bilan : juguler au maximum l’interaction et les possibilités de l’utilisateur est un bon moyen de limiter les zones d’intervention. Et les dégâts possibles.

    Cf. les droits d’accès limités pour les différentes catégories de personnels, ou le minimum d’interactions possibles avec nos usagers (dans nos OPAC).

    C’est d’ailleurs vrai, par le fait même des bibliothécaires :

    – Montrer nos documents précieux à tout le monde, mais vous n’y pensez pas : ils valent trop chers pour ça ! (Autant qu’une journée de travail pour tout le personnel de la bibliothèque ?)

    – Comment ? Copier le résultat de sa recherche OPAC sur un support amovible ? QUOI ? Recharger automatiquement, à partir de sa clef USB, sa recherche pour voir les documents enfin disponibles ?

    Mais enfin, on ne sait pas où elle a été tremper sa clef USB !

    En plus, il faudra mettre quelqu’un pour expliquer comment on introduit une clef USB, ou un support amovible. Comment on effectue une copie. Comment on s’envoie un email…
    Et ça ne va pas fonctionner avec tout le monde, pas avec les nouvelles clefs, etc.

    Et comment savoir si un petit malin ne va pas introduire autre chose, et pirater notre réseau. Nous on n’y connaît pas grand chose, mais certains de nos usagers si.

    C’est exactement ce que se dit l’informaticien.
    Plus j’ouvre le système, plus les petits malins vont pouvoir s’engouffrer dans la brèche.
    Plus j’ouvre le système, plus le risque d’un crash est grand.

    Plus le bibliothécaire permet la consultation de ses ouvrages précieux, plus les risques deviennent grands pour les documents.

    Eh bien, le réseau, c’est tout simplement le document précieux de l’informaticien.

    Et comme le précise Lionel, augmenter les possibilités, c’est augmenter la glandouille potentielle de certains, et les débordements.

    Maintenant qu’on sait quel est le document précieux de l’informaticien, on peut utiliser les arguments suivants :

    – Demain, nous allons mettre à disposition de nos usagers des documents électroniques (de manière massive)
    Sachant qu’il existera toujours des petits malins pour forcer les protections, il est nécessaire de diviser nos réseaux afin de ne pas compromettre l’ensemble du réseau de la collectivité. Que ces petits malins puissent accéder, au mieux, aux données de la bibliothèque et non pas à celles plus stratégiques de la collectivité (en particulier la comptabilité) ou aux données confidentielles.

    La division du réseau évitera aussi l’effet boomerang d’un téléchargement illégal, qui contraindrait toute la structure à ne plus disposer d’Internet.
    Si la seule bibliothèque n’a plus accès à Internet, ce n’est pas grave.
    Si par mégarde, l’accès Internet de la collectivité est coupé, on pourra toujours se rabattre sur celui de la bibliothèque, le temps d’éclaircir la situation.

    Mettre ses oeufs dans deux (ou plus) paniers différents, c’est agir comme l’on fait les pionniers du réseau Arpanet : « garder ouvertes des voies de communication quel que soit l’état de destruction du pays »

    Cloisonner les réseaux, c’est aussi mieux les protéger et adapter des protections plus efficaces dans chaque cas. C’est encore faciliter le travail des informaticiens qui n’ont plus à gérer les différentes restrictions imposées à chaque service. Mais juste celles propres à chaque réseau. Ce qui permet d’ouvrir chacun d’eux suivant le degré d’intégrité souhaitée.

    A chacun, ensuite, d’en assumer les conséquences, et les inévitables débordements.

    Bien cordialement
    B. Majour

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