Le catalogue 2.0 ou le mythe de l’usager participatif ?
14 octobre 2009 25 Commentaires
Le catalogue 2.0 s’ouvre à l’usager … Enfin, certain me diront. Ce catalogue 2.0 donne la parole à l’usager qui peut commenter une notice, attribuer une note à un document ou encore lui associer un tag … Ces métadonnées générées par les usagers viennent enrichir la base bibliographique constituée par les bibliothécaires. En théorie. Dans la pratique force est de constater que les usagers utilisent très peu ces fonctionnalités participatives. Cette absence de masse critique est un vrai problème car un service participatif ne trouve son intérêt que si le nombre d’utilisateurs augmente. Quels seraient les freins à cette participation ?
L’obligation de se loguer pour participer ? Effectivement cette obligation présente un double inconvénient : celui de se couper des visiteurs non inscrits et surtout de casser la dynamique d’une navigation au hasard dans les collections – s’il en est !
Oui mais. Si nous regardons le catalogue de Saint Herblain qui est totalement ouvert nous ne pouvons que constater la faiblesse du nombre de commentaires.
La non mise en valeur des contenus produits par les usagers ? Nous pointons là, l’une des grandes faiblesses de nos catalogues de nouvelle génération. Dans son livre "Le catalogue de la bibliothèque à l’heure du web 2.0 ", Marc Maisonneuve indique que si huit opacs sur dix proposent la participation des usagers, seul quatre sur dix intègrent dans les résultats de recherche les commentaires ou encore les tags laissés par les visiteurs. En outre, très peu de portails de bibliothèque font remonter les avis des usagers dés la page d’accueil. Peu de commentaires donc et de surcroît invisibles.
Oui mais. The Hennepin County Library propose un blog dans leur Bookspace qui agrège tous les avis déposés par les usagers sur les notices du catalogue. Un formidable outil de médiation numérique et de sérendipité. Mais à mieux regarder, on s’aperçoit qu’en moyenne seulement huit commentaires par mois sont déposés sur le catalogue ! C’est bien peu sachant qu’il n’est pas nécessaire de s’identifier pour commenter ….
La non participation des bibliothécaires aux même ? Comment inciter l’usager à participer sur le catalogue si nous même nous ne nous donnons pas la peine de contribuer à la discussion. Je le regrettais déjà sur ce billet.
Oui mais. A Romans sur Isère, toutes les critiques produites dans la médiathèque apparaissent sur les notices sous forme de commentaires et d’ appréciations. Cela représente une quinzaine d’avis de bibliothécaires chaque semaine. Et pourtant les commentaires et recommandations des usagers sont très rares !
J’aurai pu ajouter à cette liste une ergonomie rédhibitoire des fonctionnalités participatives de certains catalogues. Oui mais …
Qu’est ce qui cloche alors ? Pas grand chose. Un catalogue de bibliothèque qu’il soit 1.0 ou 2.0 reste un catalogue de bibliothèque. C’est à dire un outil de recherche documentaire ….. bien loin de l’univers numérique quotidien de l’usager internaute habitué à commenter sur les blogs, à taguer sur dailymotion ou à réagir via twitter. Un usager de bibliothèque qui veut participer nous attend ailleurs. Sur ce point, je vous renvoie aux billets de Silvère Mercier, de Bertrand Calenge ou encore de Xavier Galaup.
Un catalogue 2.0 est donc vain ? Non, car les fonctionnalités dites 2.0 augmentent l’utilisabilité du catalogue. Un mieux pour l’utilisateur 1.0 et peut être une meilleur compréhension de celui ci pour l’utilisateur 2.0.
Oui, si nous continuons à penser le catalogue comme un simple réceptacle d’avis, d’appréciations et de tags. Des fonctionnalités participatives qui sont au final assez prescriptives. La participation ce n’est pas simplement "permettre", c’est aussi aussi donner la possibilité de "penser avec" et de "construire avec". Il faut donc s’en donner les moyens. Ainsi, Un catalogue totalement ouvert où ses données sont libérées et donc disséminables donne toute liberté à l’usager qui le désire de se le ré-approprier. Réalisation d’une cartographie d’un genre pour l’un, d’une timeline pour l’autre ou d’un plugin pour celui ci. Au final des usages de nos silos de données totalement customisés et qui profitent à toute la communauté des usagers lecteurs – tangibles ou virtuels – et surtout à la bibliothèque.
J’entends déjà la remarque qui tue du fond de la salle : C’est bien beau tout cela mais au final nous allons perdre le contrôle des usages de notre catalogue. Et pourquoi pas ?
Le point de départ est l’un des moments forts de notre programmation culturelle de ce premier trimestre : une exposition de photographies réalisées lors d’ateliers de cuisine mis en place par la Médiathèque en partenariat avec la MJC du quartier. Ces ateliers s’inscrivent dans une logique de médiation des collections. Des femmes du quartier de la Monnaie, d’origines géographiques diverses, apprennent à des usagers des deux structures à cuisiner comme dans leur pays. Sans aller aussi loin que le concept des "
Bonne recette et apprendre

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Je viens de commencer le livre de Marc Maisonneuve " 


Bibliocommons
bibliothèques sont obsolètes et vont être remplacées par des bibliothèques numériques, voire 2.0, est un mythe. La bibliothèque en devenir est à la fois lieu physique et espace virtuel. Ses missions traversent le temps : rassembler, organiser et diffuser le savoir, le patrimoine et la culture. Simplement le numérique oblige à les revisiter et les technologies 2.0 ouvrent la perspective de nouveaux services. Avec un mot d’ordre : l’accès sur place ou en ligne doit être facilité.
oin d’immédiateté (l’usager ne veut plus subir la contrainte des horaires) et de personnalisation des services (l’usager veut disposer d’une information sur mesure, répondant à ses centres d’intérêt). La proposition d’une offre de services hors les murs, adaptée aux contraintes des actifs et source d’une liberté nouvelle pour tous les usagers, semble s’imposer peu à peu comme la principale stratégie de fidélisation ou de reconquête des publics.


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